
AES : sur les pas de la FMM !
C’ est à la faveur de son 2ème anniversaire le 16 Décembre dernier que l’ AES a mis en place une force militaire unifiée semblable à la Force Mixte multinationale-FMM Quelle peut – être l’ efficacité d’une telle force ?
L’ Alliance des États du Sahel – AES composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger a 2 ans . Créée le 16 Décembre 2023 à la suite de la sortie de ces trois pays de la CEDEAO au motif des coups d’État perpétrés dans ces pays. Les menaces accrues d’ invasion des armées de la CEDEAO et des forces de certains pays étrangers, ont amené les trois dirigeants issues de cette situation antidémocratique de mettre sur pied une alliance pour se défendre mutuellement. Ils ont donc décidé de mettre sur pied une force unifiée de 5000 hommes pour renforcer leur lutte contre le djihadisme bien que la mission première soit celle des interventions conjointes et coordonnées sur leur espace territorial, concrétisant ainsi leur alliance de défense et de sécurité mutuelle. Les trois États ont donc mis cette structure en place le 16 Décembre dernier. Cette démarche a donc signé la mise à mort du G5 Sahel lancée par la France en 2017 à Nouakchott comprenant le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, avec pour mission principale de coordonner le développement et la sécurité dans la région sahélienne; lutter contre le terrorisme et le crime organisé. Mais en clair , Cette force est lancée pour venir diluer la Force Mixte multinationale-FMM entre le Cameroun, le Nigeria et le Tchad . Le FMM au départ est créée pour lutter contre les groupes djihadistes comme Boko Haram dans le bassin du lac Tchad. Elle est officiellement établie en janvier 2015, suite à des décisions prises fin 2014 par la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT). La mission principale qui lui est assignée est de sécuriser la région, protéger les populations et les biens, et faciliter l’aide humanitaire, réunissant les armées du Nigeria, du Niger, du Tchad, du Cameroun et du Bénin. Seulement, les armées du Bénin et du Niger vont se rétracter. Cette force bien qu’ayant sollicitée l’ aide internationale va se la voir refuser au profit du G5 Sahel. Et pour cause tous les pays étrangers partenaires conditionnaient leur aide par l’ envoi des troupes et l’ accès libre à l’ Espace aérien des pays demandeurs et membres de la FMM. chose inacceptable pour certains pays comme le Cameroun ou le Nigeria qui ne sous-traitent par leur défense et par conséquent ne sauraient accepter une telle démarche dans leur espace aérien .
Les solutions faciles , conséquences fâcheuses
Finalement, tous les pays ayant accepté cette condition à savoir le Tchad, le Niger et le Mali ont rejoint le G5 Sahel mais la situation s’est plutôt empirée et ce malgré la présence des forces françaises et américaines. Cette montée en puissance du Djihadisme va occasionner des coups d’ États au Niger et Burkina Faso alors qu’au Tchad ,le Président Idriss Deby Itno trouvait la mort au front selon les sources officielles. À quoi a donc servi le G5 Sahel avec autant de moyens humains, logistiques et financiers consentis ? Qui payent la note ? Les États demandeurs bien sûr
La touche des Vieux copiée par les jeunes
L’ Efficacité de la Force Mixte multinationale-FMM au bassin du lac Tchad malgré quelques remous au Tchad fait dire à plusieurs observateurs que les présidents Paul Biya du Cameroun et feu Mouhammadu Buhari du Nigéria avaient pris une bonne décision de ne pas donner libre accès aux forces armées des puissances étrangères sous le prétexte de la lutte contre le Djihadisme comme le démontre l’ ouvrage ” Ultimes Combats du Grand Nobel Africain” paru aux éditions Medi à Yaoundé en juillet 2025.
Si les coups d’ États sont à condamner, il faut cependant dire que les armées au front connaissent la vérité géopolitique et géostratégique de ce qui se trame autour de la lutte contre le terrorisme au Sahel et sur le bassin du lac Tchad par certaines forces des puissances étrangères. Cela pourrait permettre de comprendre l’ avalanche des putschs orchestrés en 2 ans seulement dans plusieurs États du Sahel. À travers ces organisations militaires et sécuritaires communes intra africaines , les pays du continent montrent qu’ils sont capables d’assurer eux même leur sécurité et d’avoir la maîtrise de leur destin. C’ est donc toujours bien d’avoir un Président expérimenté et qui sait lire à travers les lignes au risque de se retrouver envahi par des djihadistes au service des intérêts impérialistes
Simon Metsengue




