
Sommet extraordinaire de la CEMAC : à quoi bon ?
Un sommet extraordinaire des Chefs d’ États de la CEMAC est convoqué pour 22 janvier 2026 à Brazzaville. À quoi servira ce énième sommet ?
Le Président en exercice de la CEMAC, Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville convoque un sommet extraordinaire des chefs d’ État pour le vendredi 22 janvier. Au menu des discussions l’ érosion des devises avec pour conséquence le choc monétaire qui a cours et le casse-tête des échéances de la dette extérieure du premier trimestre 2026. Ce sommet extraordinaire fait suite au sommet ordinaire des chefs d’État marquant la 16e session, qui s’ est tenue le 10 septembre 2025 à Bangui, ayant connu le passage de la présidence tournante de la Centrafrique au Congo Brazzaville . Au terme de celui-ci , les résolutions ont porté sur le renforcement de la discipline budgétaire, la relance économique régionale face à un ralentissement prévu, et la poursuite des réformes institutionnelles comme la fusion potentielle avec la CEEAC, tout en appelant à une meilleure mise en œuvre des décisions passées et à une coopération accrue.
4 mois plus tard , les signaux sont au rouge. Plusieurs États de la CEMAC continuent d’ exacerber dans leurs dépenses publiques alors que leurs exportations ne répondent pas à ces dépenses en termes de devises. De plus ces pays ont pour la plupart adossé leurs économies sur une seule matière première, le pétrole. Soit pour la Guinée Équatoriale 90 % des exportations; le Congo 82 % des exportations; le Gabon 80 % des exportations, et le Tchad plus de 75 % des recettes d’exportation. Seul le Cameroun ici fait figure de bon élève avec une diversification de l’ économie même si les exportations du pétrole représentent encore près de 44% de ses recettes d’exportations. Face à cette situation toute chute du baril du pétrole sur le marché international a des répercussions très graves sur les économies de la CEMAC.
Comment la parité fixe et la convertibilité illimitée du FCFA condamnent la CEMAC au sous développement
L’ expression “discipline budgétaire” est consacrée dans le jargon des pays de la CEMAC pour tenter de pallier à l’ érosion des devises. Mais cette démarche est inefficace face à la parité fixe du et surtout la convertibilité illimitée du FCFA pour des pays ayant une consommation extravertie. La CEMAC est depuis 2016 année de dégringolade des cours du pétrole, dans un cycle biennal de crise économique dû à la rareté des devises. Pour le FMI et la France , il faut dévaluer à nouveau mais les pays de la CEMAC ne veulent plus en entendre parler. Ce bras de fer durera jusqu’à quand ? Il devient urgent de finaliser la fusion CEMAC-CEEAC si ces pays ne veulent pas voir leur sol et leur sous-sol bradés par le FMI , Usurier international par excellence.
Simon Metsengue




