
CEMAC : vers la fin du Compte d’ opérations ?
Les chefs d’ États des pays membres de la CEMAC ont décidé du rapatriement dans la CEMAC des avoirs détenus à l’ Extérieur de la zone . Est la fin du compte d’ opérations de la BEAC dans le trésor Français ?
Les pays de la CEMAC vivent des crises économiques répétitives dues à l’ érosion des devises . Cette situation plombe le développement économique et rend difficile la gestion des engagements extérieurs de ces pays . Du coup , ces économies sont toujours sous pression extrême des bailleurs de fonds internationaux. Le 22 Janvier dernier le président en exercice de la CEMAC ,le Congolais Sassou Nguesso a convoqué un sommet extraordinaire des chefs d’État pour tenter de trouver des solutions appropriées pour pallier cette érosion des devises. Au terme de ce sommet extraordinaire aux enjeux très importants, les Chefs d’ États ont pris plusieurs résolutions pour y faire face . Entre autres rapatrier dans la cemac les avoir détenus à l’extérieur de la zone par les Etats et les recettes d’exploitation d’entreprises notamment celle du secteur extractif. Ces avoirs extérieurs de la CEMAC, principalement composés de réserves de change, sont principalement détenus via le compte d’opérations de la BEAC au Trésor français.
Le Trésor français en tant que garant de la convertibilité du Franc CFA, héberge le compte d’opérations de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), où est centralisée la majorité des réserves des pays de la CEMAC. Ces réserves de change de la zone CEMAC, incluant celles logées au compte d’opérations du Trésor français, s’élevaient à 7 101,3 milliards FCFA seulement en fin 2025 .
Cette solution,bien que salvatrice,ne saurait stopper la saignée. Quoi qu’on face , les pays de la CEMAC sont condamnés à ces crises de devises perpétuelles tant que les 6 n’ auront pas résolu le caractère fixe de la parité du FCFA qui limite la compétitivité à l’exportation, impose des politiques d’austérité budgétaire, et entrave l’industrialisation en favorisant les importations, tout en exposant la CEMAC à une dépendance monétaire. D’ autre part la convertibilité illimitée de cette monnaie que bon nombre qualifie de taxe coloniale sur le précaré, qui rend très improbable l’ industrialisation de ces pays . Pourtant , en Décembre lors du précédent sommet , une clause prévoyait l, accélération de la fusion CEMAC- CEEAC . cette fois cela n’ a nullement été évoqué. Mais le processus, lors de la dernière réunion des Chefs d’ États en 2024 se situait pratiquement à 55% de son évolution. Le Président Camerounais Paul Biya est celui qui conduit le processus de fusion et de rationalisation. Il y a urgence de finaliser ce processus pour voir les 11 pays d’ Afrique Centrale mettre sur pied une véritable organisation économique et monétaire capable de garantir à tous ces pays de meilleurs instruments de développement économiques tels qu’ une monnaie commune fluctuante adossée à un panier de devises et une convertibilité limitée obéissant à des plafonds pour stopper cette hémorragie permanente d’ érosion des devises.
Simon Metsengue




