
Orientation Budgétaire 2026 : ajuster ses ambitions pour poursuivre les investissements sociaux !
L’ouverture de la session parlementaire le 09 juin s’annonce particulièrement dense et scrutée. Session ordinaire traditionnellement dédiée au Débat d’Orientation Budgétaire pour projeter les finances sur le triennat 2027-2029, elle traduit aussi l’urgence du calendrier économique dans un contexte politique où les véritables priorités sont exigées par l’opinion à très court terme.
Ce 09 Juin, les députés et sénateurs seront de retour dans leurs hémicycles respectifs après avoir passé quelques semaines sur le terrain pour les compte-rendu parlementaires aux populations concernant la session de Mars 2026. Cette session charrie plusieurs enjeux qui vont animer les discussions au sein de l’Assemblée nationale et du Sénat. Entre autres : La nécessité de vote d’un collectif budgétaire pour 2026 ; le durcissement des conditions des marchés financiers ; l’arbitrage des priorités notamment les projets énergiques, les infrastructures et la Sécurité.
La necessité d’un collectif budgetaire
Le budget établi à plus de 8800 milliards par la loi de finance 2026 majoritairement financée par les impôts et la douane peine à tenir les objectifs fixés du fait d’une trésorerie qui connait un décalage marqué entre les recettes fiscales et pétrolières attendues et celles réellement encaissées au premier semestre. Face à tout cela, une loi rectificative pourrait donc ajuster les prévisions de recettes et de dépenses face aux évolutions de la conjoncture économique qui est celle du Cameroun actuellement afin d’intégrer les nouvelles priorités politiques.
La poursuite des mesures d’austérités
Au-delà de cette nécessité du collectif budgétaire, le Cameroun fait face au durcissement des conditions du marché financier. Pour y remédier, le gouvernement est amené à convaincre les bailleurs de fonds de sa capacité à mener à bien les réformes structurelles rigoureuses entreprises notamment la poursuite de la baisse des subventions du carburant à la pompe, rationalisation des entreprises publiques et élargissement de l’assiette fiscale. Cette pilule ne peut être facile à avaler par les élus du peuple qui trouvent ces mesurent impopulaires visant une fois de plus à rendre plus difficile le cout de la vie des populations.
Malgré tout , la poursuite du développement
Malgré ces différentes contraintes le Cameroun doit poursuivre ses urgences structurelles consignées dans le Document de Programmation Économique et Budgétaire-DPBE que les élus vont certainement prioriser pour faire face à la crise énergétique au vu des délestages électriques accentués ces derniers temps et qui pénalisent l’économie. Le développement local fait aussi partie de ces urgences du Senat qui tentera de pousser les discussions pour un meilleur financement des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) afin de rendre les budgets locaux plus résilients. Entre autres urgences aussi, le maintien de la paix dans les régions en crise qui continue d’absorber une part importante des ressources nationales, limitant les capacités d’investissement productif.
Ces arbitrages financiers vont se dérouler dans une atmosphère politique marquée par l’attente d’un remaniement ministériel majeur et des grands mouvements dans les sociétés publiques annoncés par le Président Paul Biya il y a quelques temps sans oublier les grandes manœuvres en vue des prochaines échéances électorales. Entre discipline budgétaire, élections municipales et législatives en orbite puis exigence de maintien de la paix sociale, les parlementaires et le gouvernement ont du pain sur la planche.
Simon Metsengue




