
Autoroute Yaoundé -Douala : vache à lait des Autorités Locales ?
Alors que la phase 2 de ce projet routier crucial long de 141 Km bat son plein dans la Sanaga-Maritime, le département du Nyong-et-Kellé brille par des tentatives de surfacturation des indemnisations. Face à ce réseau d’intérêts personnels, la fermeté de l’État devient une urgence absolue pour sanctuariser ce qui doit être érigé en grande cause nationale.
Les grands travaux de la deuxième phase de l’autoroute Yaoundé-Douala (141 km) sont bel et bien lancés, et sur le terrain. C’ est ce qui ressort des propos du Ministre Emmanuel Nganou Djoumessi des travaux publics. Dans la Sanaga Maritime les engins vrombissent. Pourtant, le véritable défi de ce chantier ne semble pas être technique, mais humain et moral. Entre la ferveur patriotique d’un côté et la cupidité de certaines autorités locales de l’autre, le tracé de l’autoroute expose une fracture flagrante dans la gestion des projets structurants du Cameroun.
Deux salles, deux ambiances : Le dynamisme de la Sanaga-Maritime face aux blocages du Nyong-et-Kellé
Du côté de la Sanaga-Maritime région du Littoral, les nouvelles sont rassurantes. L’entreprise adjudicataire est à pied d’œuvre sur le terrain et avance à un rythme soutenu. Lors de sa récente intervention au Poste National de la CRTV, l’ ingénieur du gouvernement a d’ailleurs salué l’adhésion exemplaire des populations, des élites politiques et des autorités locales. Ici, l’intérêt général prime et l’objectif de tenir les délais est en passe d’être respecté. Pendant ce temps, le tableau s’assombrit nettement dès que l’on franchit la frontière du Nyong-et-Kellé (Région du Centre). Sur cette portion, les travaux font face à un mur budgétaire artificiel. En cause ? Une énième tentative de détournement via le levier des indemnisations. « Pour ce qui est de la région du Centre, département du Nyong-et-Kellé, le montant des allocations pour les indemnisations nous a semblé excessif », a martelé le Ministre des Travaux Publics, exigeant un audit et une révision immédiate des coûts à la lumière de la transparence observée dans la Sanaga-Maritime.
Des antécédents qui coûtent cher : La leçon oubliée de Lobo
Ce penchant coupable de certaines élites locales à transformer l’autoroute en « vache à lait » n’est malheureusement pas nouveau. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le spectre du scandale de Lobo (département de la Lékié) plane à nouveau sur le Nyong et Kelle.
Pour mémoire, les magouilles et les fraudes massives orchestrées à l’époque par des sous-préfets, des maires et des chefs traditionnels avaient fait perdre plus de quatre ans au projet, entraînant l’incarcération de plusieurs dizaines de cadres locaux. Plus de dix ans après le lancement initial de ce grand projet par le Chef de l’État en 2014, le constat est amer : les mauvaises habitudes ont la peau dure.
Pendant que l’opinion publique pointe parfois du doigt l’inertie gouvernementale, la réalité du terrain montre que les véritables freins sont tapis dans l’ombre des commissions locales d’évaluation, où certains fonctionnaires et notables cherchent avant tout à se remplir les poches, au détriment de l’avenir du pays.
La fermeté de l’État doit être de mise !
Face à ces dérives égoïstes qui font exploser les budgets et rallongent indéfiniment les délais de livraison, la réponse des institutions se doit d’être implacable. Ce désordre et cette supercherie ont trop duré. La justice camerounaise est désormais attendue au tournant dans le Nyong-et-Kellé pour traquer, identifier et sanctionner sévèrement les fosseteurs de l’économie nationale. Nettoyer les commissions de leurs éléments corrompus n’est plus une option, c’est un impératif de gouvernance.
L’Autoroute Yaoundé-Douala : Une cause nationale non négociable
L’ autoroute Yaoundé-Douala n’est pas un simple tracé de bitume, ni une opportunité d’enrichissement illicite pour une poignée de privilégiés. Elle est le poumon économique futur du Cameroun, l’artère principale qui doit fluidifier le commerce interurbain, sécuriser le transport des biens et des personnes, et connecter plus efficacement le pays à la sous-région.
Faire de cette infrastructure une cause nationale, c’est comprendre que chaque kilomètre construit est une victoire contre le sous-développement. L’État ne saurait reculer devant l’appétit vorace de quelques individus : l’ Autoroute doit passer, et elle passera, sous le signe de la rigueur et de la justice.
Simon Metsengue




