Maroc – Cameroun : le KO de la Rigueur sur l’ ego !

Maroc – Cameroun : le KO de la Rigueur sur l’ ego !

Les Lions de l’Atlas se sont une fois de plus qualifiés ce samedi pour les quarts de finale de la Coupe du monde, enchaînant une deuxième performance consécutive à ce niveau et reléguant au second plan les anciennes épopées des Lions Indomptables. Une transition douloureuse pour le football camerounais.

Le samedi 4 juillet 2026, le Maroc a validé son billet pour les quarts de finale en dominant nettement le Canada, l’un des pays hôtes de la compétition, sur le score sans appel de 3-0 au Houston Stadium, au Texas. Après une première période disputée où le gardien Yassine Bounou s’est montré décisif, Azzedine Ounahi a débloqué la situation en s’offrant un doublé en seconde période (50e et 82e minutes). Le coup de grâce a été porté en toute fin de match par l’attaquant Soufiane Rahimi dans les arrêts de jeu, scellant définitivement l’élimination du co- organisateur.

C’ est qui le Roi d’ Afrique ?

Grâce à ce succès, les Lions de l’Atlas accèdent pour la deuxième fois consécutive aux quarts de finale du Mondial. L’époque où le Cameroun détenait le monopole de ces exploits africains semble désormais révolue. Les Lions Indomptables ont perdu leur superbe ; les nouveaux patrons incontestés du football continental rugissent désormais de l’autre côté du Sahara.

La belle époque

Pourtant, pendant des décennies, le Cameroun a régné sans partage sur les cœurs et les palmarès du football africain. De 1982 jusqu’au dernier sacre continental au Gabon en 2017, les dirigeants successifs du football camerounais de Gottlieb Titti ; Peter Ntamack Yana à Me Dieudonné Happi, en passant par Issa Hayatou, Iya Mohammed et Vincent Onana , tous ont œuvré à pérenniser la politique sportive impulsée par le président Paul Biya, visant à maintenir le pays au sommet. L’une des plus belles illustrations de cette conquête reste l’aube du Mondial 2002 en Corée du Sud et au Japon : à cette période, la sélection camerounaise ne se contentait pas de dominer l’Afrique, elle impressionnait le monde entier au point d’être citée parmi les sérieux outsiders pour le dernier carré. Une belle époque aujourd’hui reléguée aux livres d’histoire.

Le KO de la rigueur sur l’ ego

Le vent a tourné, et c’est désormais le Maroc qui dicte le tempo et redessine la cartographie du ballon rond sur le continent. Le symbole de ce basculement est aussi net que prestigieux. En s’installant durablement dans le gotha mondial grâce à ses performances successives, couronnées par une demi-finale historique au Qatar en 2022, la sélection marocaine a officiellement détrôné son homologue camerounaise. Ce qui relevait autrefois de l’exploit isolé est devenu une hégémonie structurelle. Derrière cette passation de pouvoir symbolique se cache un véritable gouffre méthodologique. Le Maroc triomphe grâce à une organisation chirurgicale et ultra-efficiente : des infrastructures de classe mondiale à l’instar du Complexe Mohammed VI, une politique académique visionnaire et une rigueur managériale qui ne laisse rien au hasard. À l’opposé, le Cameroun s’embourbe. Malgré la mise à disposition d’infrastructures flambant neuves nées de la vision du chef de l’État, le football camerounais est devenu le théâtre d’imbroglios extrasportifs incessants. Entre guerres de tranchées institutionnelles, conflits d’ego entre le ministère des Sports et la fédération, et approximations logistiques, le génie brut des joueurs est systématiquement étouffé par le désordre managérial.

Ils ont mouillé le maillot pour la patrie

Cette déchéance nourrit aujourd’hui une profonde et douloureuse nostalgie au sein du peuple camerounais. Comment ne pas se souvenir, le cœur serré, de la révélation de 1982 en Espagne, de la magie flamboyante du Mondial 1990 portée par Roger Milla, François Omam-Biyik et Stephen Tataw, ou encore de la suprématie sans partage des années 2000 sous l’ère de Patrick Mboma, Lauren Étamé Mayer, Samuel Eto’o, Geremi Njitap et Rigobert Song ? Sans oublier le sursaut de 2017 guidé par Vincent Aboubakar, Benjamin Moukandjo et Fabrice Ondoua. Le Cameroun était alors la terreur des pelouses, une nation fière habituée à regarder l’Afrique depuis le sommet du podium.

Retour à une  réalité hideuse

Aujourd’hui, le réveil est brutal. Voir les quintuples champions d’Afrique peiner à exister et se faire bousculer par des nations autrefois qualifiées de « petits poucets » est un supplice pour les supporters. Le Cameroun ne fait plus peur, il subit.

Face à ce constat amer, le temps des excuses et des querelles de clocher est révolu. Les dirigeants du football camerounais doivent impérativement se ressaisir et faire preuve de patriotisme. C’est une exigence nationale, mais aussi un ordre direct du Président de la République, Paul Biya, qui a fermement appelé à une réorganisation profonde et à une prise de conscience des instances sportives. Pour que le label des Lions Indomptables ne devienne pas un simple vestige du passé, les décideurs doivent s’inspirer de la rigueur marocaine. Le public camerounais, quant à lui, refuse de passer définitivement le témoin : il exige le retour du Cameroun au rang qui a toujours été le sien, celui de leader. Chacun est donc désormais placé face à ses responsabilités.

Simon Metsengue

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