Mondial 2026 : Dans l’arène du racisme !

Mondial 2026 : Dans l’arène du racisme !

La coupe est pleine, et le dégoût à son comble. Entre des arbitres et des joueurs africains arbitrairement recalés ou interdits d’accès par les services d’immigration de certains pays hôtes pourtant qualifiés, et la sortie ignominieuse d’une sénatrice paraguayenne contre les origines de Kylian Mbappé, ce Mondial 2026 franchit les limites de l’infamie.

Au terme d’un huitième de finale de haute lutte entre la France et le Paraguay, remporté par les Bleus (1-0), la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla a exfiltré sa frustration sur son compte X à travers des propos d’une haine raciste inouïe envers le buteur tricolore : *« Un Camerounais colonisé, qui fait de gros efforts pour faire semblant d’être Français, rancunier, nouveau riche, arrogant et laid. Il était nerveux et mort de peur pendant tout le match, comme toute son équipe ; ils n’ont même pas pu marquer un but, ils ont gagné par un coup de chance. »

De telles déclarations, fussent-elles tenues en privé, relèvent d’une monstruosité morale absolue pour quiconque se revendique humain et acteur du football. Le sport roi possède ce pouvoir unique, presque mystique, d’unir les peuples de la terre autour d’un simple ballon, transcendant les frontières, les langues et les couleurs de peau. Pourtant, alors que le monde pensait avoir relégué ces instincts grégaires dans les abîmes de l’histoire, les pulsions primitives de certains individus refont surface pour souiller ce joyau de la culture universelle avec les scories d’un autre âge.
La sortie de cette élue en est la triste et révoltante illustration.

L’honneur bafoué du peuple paraguayen

Qu’une élue de la nation, censée incarner la sagesse législative et la dignité diplomatique, sombre dans de telles dérives haineuses apporte la preuve irréfutable de son indigence intellectuelle. Plus troublant encore, le silence assourdissant des autorités paraguayennes face à cet outrage commis contre un monument du sport mondial ne peut être qualifié que de complicité passive. En refusant de condamner fermement cette dérive, les institutions laissent s’installer l’idée que le racisme a sa place dans le débat public.

Kylian Mbappé : citoyen digne et souverain

Né en France et citoyen français à part entière, Kylian Mbappé assume et honore sa nationalité avec une excellence rare. Il le démontre chaque jour sur tous les terrains du monde, faisant rayonner le drapeau bleu-blanc-rouge. Pour autant, le génie du ballon rond n’a jamais renié ses origines camerounaises, qu’il chérit et revendique avec une immense fierté. Cette double richesse culturelle, loin d’être une tare, est le moteur de son génie et de sa dimension universelle.

Naufrage éducatif et ignorance historique

Veuve et mère, Celeste Amarilla démontre par sa violence verbale sa propre incapacité à transmettre des valeurs saines, s’excluant d’elle-même des modèles de vertu attendus d’une représentante du peuple. Il est profondément affligeant qu’une femme en soit réduite à une telle bassesse. Quelle éducation, quelles valeurs lègue-t-on à sa propre progéniture lorsque l’on vomit la haine de l’autre pour sa couleur de peau ? Sa propre fille devrait légitimement rougir de honte face au spectacle d’une figure maternelle aveuglée par le sectarisme.

Par ailleurs, cette élue disserte sur une histoire africaine qu’elle ignore superbement. Le Cameroun n’est pas une simple terre passive : ancien territoire international sous mandat puis tutelle, il a arraché son indépendance de haute lutte devant l’ONU et a eu la force de bâtir son unité nationale après avoir été arbitrairement divisé pendant quatre décennies par les puissances impérialistes. C’est précisément ce creuset historique et cette résilience qui forgent le mental d’acier des fils et filles du Cameroun, dont Mbappé a hérité de la force et du talent.

La nostalgie d’Afrique du Sud 2010 : la leçon de civilisation

Comment ne pas se remémorer, face à cette déchéance, la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud ? Ce tournoi mythique demeure le symbole d’une communion parfaite entre les peuples de la terre. Lorsque Shakira reprenait l’hymne des Zangalewa camerounais pour faire vibrer la planète entière, l’Afrique offrait au monde une leçon de fraternité, de dignité et de civilisation. L’organisation sud-africaine avait su élever le football au rang d’art humaniste, loin, bien loin de la médiocrité ambiante de l’édition actuelle.
Helas, vraiment hélas , très loin de l’ État Arc en Ciel, le football est dans l’ arène du racisme. Ce racisme décomplexé qui s’ abat sur un fils de l’ eau , n’est malheureusement pas un cas isolé lors de ce Mondial 2026, le premier de l’histoire à 48 équipes. Plusieurs joueurs, supporters et arbitres des nations africaines notamment de Côte d’Ivoire et du Sénégal et bien d’autres ont subi des filtres racistes, des contrôles au faciès et des barrières administratives injustifiables de la part de certains pays organisateurs. Tout cela s’est déroulé sous le regard impuissant, pour ne pas dire passif, de la FIFA.

Les performances sportives s’en ressentent inévitablement : sur les dix nations africaines engagées, le climat délétère et le harcèlement psychologique ou logistique ont fini par briser la dynamique des équipes, faussant indirectement l’équité sportive au fil des tours. La fête du football mondial n’a que faire d’États racistes comme hôtes ou comme participants. Que les partisans de ces pratiques moyenâgeuses et absurdes s’organisent leurs propres tournois exclusifs et laissent l’humanité progresser vers son universalité. L’administration de Gianni Infantino se voit aujourd’hui marquée d’une tache indélébile pour avoir failli à son devoir de fermeté et pour avoir choisi des sites d’accueil incapables de garantir la dignité humaine de tous les acteurs du football mondial.

Simon Metsengue

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