
Cameroun/ Édition : Vers un assainissement concerté et professionnel de la filière !
La salle de la Convivialité du Musée National de Yaoundé a été prise d’assaut ce 23 juillet 2026 par les acteurs majeurs de la chaîne éditoriale, les experts et les responsables institutionnels, notamment ceux du Conseil National d’Agrément des Manuels Scolaires et des Matériels Didactiques. Au menu des échanges : la table ronde présidée par le Ministre des Arts et de la Culture (MINAC), Bidoung Kpwatt, portant sur l’appropriation et l’application du **décret n° 2026/00644/PM signé le 25 mars 2026 par le Premier ministre, Chief Dr Joseph Dion Ngute.
C’est un tournant majeur qu’a pris le secteur de l’édition ce jeudi matin au Musée National de Yaoundé, rythmé par les sonorités des quatre aires culturelles du terroir interprétées par l’orchestre de l’Ensemble National. Au cœur des discussions : la compréhension et la mise en œuvre de ce nouveau texte, qui fixe les conditions d’obtention de l’agrément et régule l’exercice de la profession d’éditeur de livres et de manuels scolaires.
Un dialogue constructif pour dissiper les inquiétudes
Dans son discours d’ouverture, le Ministre Bidoung Kpwatt a rappelé l’objectif majeur de cette concertation :
« En réalité, les résolutions de la table ronde qui nous rassemble aujourd’hui devraient contribuer à consolider les efforts de résilience dans les métiers de l’édition. Elles devraient également inciter tous les intervenants de la filière à anticiper, grâce à leur créativité et leur professionnalisme, pour le plein développement des performances de notre sous-secteur. Cela, dans la synergie de toutes les compétences. Ce qui, en fin de compte, est en parfaite concordance avec les hautes prescriptions de Son Excellence Monsieur Paul BIYA, Président de la République, Chef de l’État, visant à faire de la “culture un levier pour le développement” d’une part, et “le ferment de la cohésion sociale et le ciment de l’unité de notre pays” d’autre part. »
Face aux craintes de bureaucratisation ou de charges excessives pour les petites structures, le Ministre a insisté sur la nécessité de concilier l’assainissement du secteur et l’accompagnement des acteurs.
Cette volonté de convergence a été réaffirmée par le Pr Marcelin Mvounda Etoa, Secrétaire Permanent du Conseil d’agrément des manuels scolaires et des matériels didactiques. Soulignant la complexité d’interpréter un texte de loi entre l’intention du législateur, la lettre du texte et la réalité du terrain, il a salué l’opportunité de rapprocher ces visions pour une mise en œuvre harmonieuse. Cet esprit républicain a été salué par le MINAC, répondant ainsi aux préoccupations exprimées par les professionnels lors de leur déclaration du 10 juin dernier.
Des résolutions fortes pour l’avenir du livre
À l’issue de travaux intenses, participants et autorités se sont accordés sur une série de recommendations pragmatiques visant à allier rigueur réglementaire et préservation de la diversité culturelle :
Application et accompagnement :
Les éditeurs s’engagent à appliquer immédiatement le décret, tandis que le MINAC mettra en place un cadre permanent de dialogue sectoriel.
* **Protection des acquis :** Une valorisation des acquis de l’expérience (VAE) est prévue pour les éditeurs en activité depuis au moins trois ans ne disposant pas de diplômes professionnels.
Équité et spécificités :
Les exigences financières, logistiques et humaines seront désormais proportionnelles à la taille des maisons d’édition. Une distinction claire sera établie entre l’édition générale et celle du manuel scolaire.
* **Liberté et formation :** La bibliodiversité et la liberté d’éditer restent garanties (conformément à la Convention UNESCO de 2005), accompagnées d’une politique renforcée de formation des acteurs.
Pour garantir la pérennité de ces avancées, un **Comité pluri-acteurs** sera rapidement mis sur pied pour assurer le suivi-évaluation de ces résolutions. La filière du livre s’engage ainsi sur la voie d’une professionnalisation durable. Vivement la pratique !
Simon Metsengue




