Cameroun : le Figaro fantasme !

Cameroun : le Figaro fantasme !

Alors que la presse parisienne annonce le chaos face au silence du chef de l’État, la machine républicaine tourne à plein régime. Autopsie d’un fantasme post-colonial et leçon de maturité politique.

Une fois de plus, la presse parisienne cède à son péché mignon : le sensationnalisme post-colonial. Dans un récent « décryptage », Le Figaro s’alarme de l’absence du président Paul Biya, spéculant sur des « scénarios spectaculaires » quant à l’avenir du régime. Ce prisme occidental, oscillant entre voyeurisme politique et prophéties apocalyptiques, commet une erreur d’analyse fondamentale. Il confond le temps médiatique avec le temps institutionnel, et la visibilité d’un homme avec la solidité d’une Nation.

La méthode Biya : Le silence comme mode de gouvernement

Que Paul Biya dirige avec une sobriété spectaculaire et un goût prononcé pour l’ombre n’est un secret pour aucun Camerounais. Depuis 1982, l’exercice de son pouvoir repose sur une distance calculée. Ce style, souvent qualifié « d’absence », est en réalité une constante stratégique. Pourquoi s’étonner aujourd’hui d’une méthode qui dure depuis plus de quatre décennies ?

Les analystes de salon oublient une vérité essentielle : le Cameroun n’est pas une république bananière suspendue au souffle d’un seul homme. C’est une administration rodée, une bureaucratie structurée et une armée républicaine d’une grande maturité. Pendant que les officines étrangères s’agitent et rédigent des nécrologies prématurées, la machine d’État fonctionne, les institutions siègent et la continuité du service public est assurée.

L’opinion publique face aux marchands de la peur

Il est temps de rassurer les Camerounais et de neutraliser les marchands de panique. Les rumeurs qui bruissent à Yaoundé , Douala et dans le reste du pays ne sont pas le signe d’un effondrement imminent, mais le produit de la nature humaine face au vide informatif. Cependant, la vacance du pouvoir n’est pas un mystère ésotérique : elle est strictement encadrée par la Constitution de la République du Cameroun.

Le peuple camerounais a traversé des crises économiques majeures, une crise Sanitaire majeure , des soubresauts sécuritaires aux frontières ainsi qu’ une sévère crise Socio politique dans les régions du Sud Ouest et Nord Ouest. Par ailleurs, le Cameroun a une habitude de longévité des présidents au pouvoir et une alternance pacifique par les mecanismes constitutionnelles de dévolution du pouvoir et des transitions complexes. Il a développé une résilience unique et une maturité politique que les observateurs étrangers sous-estiment systématiquement. La succession, le moment venu, ne se joue pas dans les couloirs d’un hôtel génevois ni dans les colonnes des journaux parisiens, mais dans le respect des règles constitutionnelles et par la volonté souveraine du peuple.

Reprendre le contrôle du récit national
Refusons le piège de la fébrilité importée. Le Cameroun n’a pas besoin de tuteurs pour imaginer son avenir. L’urgence d’aujourd’hui n’est pas de spéculer sur la santé du chef de l’État, mais de poursuivre le travail, de maintenir la paix sociale et de consolider nos institutions. Les hommes passent, la République reste. Gardons la tête froide : le Cameroun est debout, vigilant, et maître de son destin.

Simon Metsengue

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