Cinéma : L’UNESCO et le MINAC posent les jalons d’une refonte juridique majeure !

Cinéma : L’UNESCO et le MINAC posent les jalons d’une refonte juridique majeure !

Un séminaire de deux jours, consacré aux travaux de la commission interministérielle pour la révision du cadre juridique de la cinématographie camerounaise, est organisé à l’hôtel United de Mbankomo, dans la Méfou-et-Akono, par le Ministère des Arts et de la Culture- MINAC en partenariat avec l’ UNESCO. Retour sur la première journée.

L’industrie cinématographique camerounaise vit un moment charnière de son histoire. Confronté à un décalage structurel profond, le secteur tente de naviguer à l’ère du numérique, du streaming et de l’intelligence artificielle avec un arsenal juridique obsolète. La régulation repose en effet sur une loi de 1988 et des décrets de 1990-1991, conçus à l’époque de la pellicule. Consciente de l’urgence d’adapter ces textes aux exigences de la création contemporaine, l’UNESCO organise, les 17 et 18 août 2026, un séminaire stratégique pour accompagner la révision du cadre légal.

La cérémonie d’ouverture, ce lundi, a été présidée par le Pr Blaise Nkene, Secrétaire général du Ministère des Arts et de la Culture (MINAC) et représentant personnel du ministre, et en présence du Dr Jean-Roland Onana, représentant du Chef de bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique centrale. Les travaux de cette première journée, menés par des experts venus de divers horizons, visaient à dépoussiérer une législation vieillissante.

Un constat partagé par les acteurs du secteur

Pour le Dr Jean-Roland Onana, cette initiative co-construite entre l’UNESCO et le MINAC avec le soutien de la Corée du Sud vise à impulser une véritable dynamique de réforme :

« L’activité tourne autour de l’avant-projet de loi sur le cinéma. C’est une première ébauche élaborée par les professionnels pour offrir un cadre normatif adapté au secteur. Il s’agit d’intégrer l’ensemble de la chaîne de valeur, de la gestion des droits d’auteur à la prise en compte du numérique, de l’IA et des jeunes talents. »

Du côté du MINAC, le Directeur du Cinéma, le Pr Donatus Fai, a rappelé les limites du cadre existant :

« Le texte actuel est caduc et ne répond plus aux exigences de la société contemporaine ni aux avancées technologiques. L’objectif est d’élever nos normes au niveau international pour faciliter les coproductions, attirer des partenaires et garantir une protection juridique solide aux producteurs, acteurs et scénaristes. »

Sur le terrain, la perte des infrastructures traditionnelles s’est faite durement ressentir. Rémy Atangana, Coordonnateur national du Pôle Cinéma, souligne ce tournant décisif :

« Le cinéma camerounais est à la croisée des chemins. Nous avons perdu une partie de notre patrimoine, nos salles de projection et de nombreux professionnels. L’État nous invite aujourd’hui à nous remettre en question. Nous sommes réunis pour mûrir une réflexion qui permettra de refondre le secteur et d’intégrer les mutations techniques et sociales. »

Vers un écosystème compétitif et sécurisé

Alors que les lourdeurs administratives et le flou entourant la monétisation en ligne (VOD, plateformes internationales, piratage) freinent l’essor des créateurs, cette concertation interministérielle entend poser les bases d’une économie du cinéma moderne, attractive et pérenne. Les travaux, qui s’achèvent ce mardi 18 août 2026, déboucheront sur une ébauche actualisée du cadre juridique, ouvrant la voie à un ancrage solide du cinéma camerounais dans un monde numérisé et globalisé.

Simon Metsengue

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