Drames de la route : imprudence et qualité des infrastructures à la barre !

Drames de la route : imprudence et qualité des infrastructures à la barre !

Ce dimanche 23 août 2026 au matin, le drame a de nouveau frappé sur l’axe Yaoundé-Douala (Nationale N°3). Une collision tragique entre un minibus et un camion au niveau d’un virage, consécutive à un dépassement audacieux près d’Édéa, vient une fois de plus rappeler la fragilité du voyage par la route. De la Nationale N°3 aux tronçons sinueux de la Nationale N°5 (Douala-Bafoussam), la traversée des grands axes demeure une expérience éprouvante où l’inquiétude côtoie trop souvent la tragédie.

 

Ces derniers jours, les routes au Cameroun ont fait de nombreuses victimes. Sur l’axe Yaoundé-Bafoussam, 19 personnes ont trouvé la mort il y a quelques jours, et ce dimanche, sur l’axe Yaoundé-Douala, un accident survenu dans la matinée a provoqué pleurs et grincements de dents. Des morts, des pertes irréversibles… Que de familles endeuillées ! Que de personnes frappées d’un handicap physique ! Et pour quelle raison ?

Face à ces pertes humaines répétées et à la pénibilité des trajets, la réaction immédiate oscille entre exaspération et désignation de coupables. Pourtant, réduire cette problématique complexe à un simple réquisitoire contre les politiques publiques ou à un fatalisme aveugle empêche d’aborder le fond du problème. La question des infrastructures au Cameroun ne doit plus être le terrain d’une politisation stérile, mais celui d’une prise de conscience collective et lucide.

Du côté de l’État et des pouvoirs publics, les contraintes opérationnelles, financières et logistiques constituent une réalité concrète. La dégradation de tronçons majeurs comme la Nationale N°5 (Bafoussam-Douala) découle principalement de retards dans la chaîne de paiement des entreprises adjudicataires, bloquant le déroulement continu des travaux. Reconnaître ces goulots d’étranglement budgétaires permet d’apporter des réponses ciblées.

Il faut aller vite

Le lancement des travaux de reconstruction de la section Ngaoundéré-Garoua (Nationale N°1), financé à hauteur de plus de 220 milliards de FCFA avec la BAD, les programmes d’entretien ciblé sur la N3 ou encore la préparation de la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala en témoignent. Mais il faut aller vite et veiller à ce que les moyens suivent.

Tous au pied de l’étrier !

Cependant, la responsabilité gouvernementale doit redoubler d’exigence : il s’agit de fluidifier les décomptes des prestataires du BTP, tout en se montrant intraitables envers les entreprises défaillantes qui tardent à livrer les chantiers malgré le paiement de leurs créances, comme l’illustre le dossier de la boucle de la Lékié.

L’ imprudence tue

Mais l’amélioration du réseau routier ne résoudra pas seule l’insécurité si elle ne s’accompagne pas d’un changement profond de comportement chez les usagers. Les routes dégradées appellent une prudence accrue, tandis que les axes rénovés ne doivent pas transformer les chaussées en pistes de vitesse mortelles. Le respect du code de la route, la maîtrise des dépassements, le refus de l’imprudence et l’entretien rigoureux des véhicules sont des devoirs citoyens incompressibles.

Construire bien Ensemble

La modernisation du réseau routier camerounais n’est ni un miracle instantané, ni une cause perdue : c’est un chantier national de longue haleine. Entre l’urgence d’une gestion publique optimisée et la nécessité d’une civilité routière restaurée, c’est par une alliance renouvelée entre l’État, les constructeurs et les citoyens que le pays préservera des vies et bâtira la mobilité de demain.

Simon Metsengue

CATEGORIES
TAGS
Share This

COMMENTS

Wordpress (0)
Disqus ( )
error: Content is protected !!
%d bloggers like this: