
Tribune : DE LA POLITIQUE ET DU CHAMP POLITIQUE
La politique n’est ni le bien ni le mal. Le bien est ce qui arrange un camp opposé à l’autre camp ou que le mal est ce qui va à l’encontre de l’intérêt du camp que l’on prend en sympathie pour des raisons subjectives.
La démocratie c’est la politique ni mal ni bien, mais un ensemble de stratégies pensées , ou de pensées stratégiques qui se sécrètent en fonction des situations et de l’évolution des intérêts. Les conditions d’émergence des problèmes ou des obstacles aux intérêts à défendre entraînent ipso facto l’acteur politique à la mise en œuvre des opérations intelligentes pour résoudre les problèmes ou détruire les obstacles. Ces opérations circonstancielles ne sont ni du mal ni du bien ( on casse les œufs pour faire de l’omelette. . ). Il appert que les acteurs politiques se donnent du théâtre chacun apprécié selon son talent qui le fait triompher dans telle ou telle opinion, ou être jugé bon ou méchant, légitime ou illégitime, meilleur ou médiocre, par les consommateurs des jeux politiques, ceux au nom de qui se fait l’action politique.
Le champ politique est un champ de célébration des victoires, de gémissements et de féroces déceptions, jamais un champ de moralisation. Perdre n’est pas un échec c’est un encouragement à mieux faire , à plus de créativité. Le champ politique est un champ de création permanente et non de lamentations sur soi. On ne perd pas le temps a condamner les astuces mises en œuvre par l’adversaire pour nous déstabiliser, on se projette à la phase suivante du combat politique pour penser aux stratégies à mettre en œuvre pour renverser la situation, ou alors , si on a été vainqueur la manche précédente, aux tactiques de conservation des acquis et des stratégies de renouvellement de la victoire pour les prochaines échéances électorales ou tout autres formes qui rythment la vie politique, et partant qui animent le politique.
En politique tout est possible. Les ressources politiques sont multiples et variees sur le continuum des valeurs légales et illégales, légitimes et illégitimes, selon l’angle de perception, la position du locuteur du jugement et les moyens circonstanciels de sa politique. S’abstenir ou laisser le vide est parfois une stratégie dictée par l’émotion qui peut parfois s’avérer payante mais toujours ou pas durablement. Combler le vide c’est chasser l’horreur du vide en faisant l’économie de l’orgueil propre afin de capitaliser politiquement à la longue . C’est une question de sens de prospective politique. Dr KOMIDOR NJIMOLUH Hamidou , politologue




