Affaire SG/RDPC – Info Matin : Confusion entre gestion de parti et prérogatives régaliennes!

Affaire SG/RDPC – Info Matin : Confusion entre gestion de parti et prérogatives régaliennes!

Dans sa livraison du lundi 07 septembre 2026, le journal _Info Matin_ a attribué au Secrétaire Général du Comité Central du RDPC, M. Jean Nkuété, une correspondance adressée au Chef de l’État sollicitant le report d’un remaniement gouvernemental.

Au-delà du caractère purement spéculatif de cette annonce qui s’inscrit dans une série de récentes approximations médiatiques , cet épisode offre l’occasion de rappeler quelques principes institutionnels, politiques et déontologiques fondamentaux.

1. Sur le plan constitutionnel : l’étanchéité des rôles

Il convient de revenir au cadre normatif. En vertu de l’article 8 de la Constitution de la République du Cameroun, la nomination aux emplois civils et militaires, tout comme la fixation des attributions des membres du gouvernement, relèvent du pouvoir discrétionnaire exclusif du Président de la République.

Sur le plan juridique, la frontière est claire : le Secrétaire Général du Comité Central du RDPC administre une formation politique soumise au droit des associations, quand bien même il s’agit du parti au pouvoir. La formation du gouvernement, elle, est un acte strictement régalien.

Il importe donc de faire la pédagogie de cette distinction : la fonction de Président National du RDPC ne se confond pas avec celle de Chef de l’État. Par conséquent, le Secrétariat Général d’un parti n’a ni la vocation ni la compétence d’interférer dans les prérogatives constitutionnelles du Président de la République.

2. Sur le plan politique : la primauté du terrain

Sur le terrain politique, les priorités d’un parti de masse comme le RDPC à l’approche des échéances électorales — notamment législatives et municipales — sont d’une tout autre nature. L’urgence est à l’encadrement des militants, à la mobilisation dans les circonscriptions et à la maximisation des inscriptions sur les listes électorales.

Les responsables du parti agissent à ce titre en tant que cadres politiques et militants, sans lien direct avec l’attribution des portefeuilles ministériels. Le RDPC gagne ainsi à rester focalisé sur sa mission première : la préparation méthodique des suffrages, loin des rumeurs et des batailles d’allées sur la composition des équipes gouvernementales.

3. Sur le plan déontologique : l’exigence de recoupement

Cet épisode rappelle enfin les règles élémentaires du traitement de l’information. La course à l’exclusivité ou au scoop ne saurait justifier l’abandon de la vérification des faits.

La déontologie journalistique repose sur un pilier inamovible : le recoupement rigoureux des informations auprès des services et acteurs concernés avant toute publication. Diffuser un document en se fondant sur l’obtention « fortuite » d’une correspondance supposée, sans démarche préalable de confirmation, s’éloigne des standards du journalisme professionnel.

Pour préserver la confiance du public et éclairer sereinement le débat citoyen, il est indispensable que les médias privilégient la rigueur de l’enquête et la compréhension des mécanismes institutionnels face aux risques croissants de la désinformation.

Simon Metsengue

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