
Elections locales : L’IA peut-elle remplacer le peuple souverain ?
Entre la hargne numérique des états-majors de salon et le sacrifice ultime des élus du terrain, le choix des locales est brutal. Autopsie d’un boycott sans vision.
À l’approche des échéances locales, les champions du vide et les professionnels de l’invective sortent de leur réserve. Leur dernière trouvaille ? Une affiche virale au slogan aussi creux que leur bilan : « Opération zéro député, zéro maire pour le RDPC ». Il s’agit d’un mot d’ordre d’une pauvreté politique affligeante, taillé sur mesure pour capter trois « likes » sur les réseaux sociaux, mais totalement incapable de construire la moindre salle de classe ou de curer le moindre caniveau.
Ces hirondelles du printemps
Où étaient ces « redresseurs de torts » virtuels ces cinq dernières années ? Terrés dans leurs quartiers généraux fantômes, absents du moindre chantier communautaire, ils se montrent incapables de s’implanter au-delà de deux arrondissements de la capitale. Pour ces états-majors de salon, la politique locale ne consiste pas à servir les citoyens, mais à attendre patiemment la veille des élections pour déverser leur hargne, espérant récolter des voix sur le seul terreau du ressentiment. Affirmer que les maires et députés du RDPC « ne servent à rien » constitue une insulte grossière au travail quotidien de milliers d’élus. Face aux contraintes du terrain et aux exigences de la décentralisation, ces derniers se battent courageusement pour approvisionner les populations en eau potable, entretenir la voirie, soutenir l’école républicaine et maintenir la cohésion sociale dans les zones les plus reculées du pays.
Ils ont donné de leur vie
Certains d’entre eux l’ont même payé de leur vie :
Ashu Priestley Ojong, maire de Mamfe (Sud-Ouest), assassiné le 10 mai 2020 dans une embuscade tendue contre son convoi alors qu’il se rendait à Eshobi. Il figurait parmi les plus jeunes maires issus des élections municipales de février 2020.Dr Innocent Ngong Ankiambom, maire de Belo (Nord-Ouest), tué par balle le 20 mai 2024 aux côtés de ses collaborateurs et d’un inspecteur de l’éducation de base, alors qu’ils se rendaient aux cérémonies de la Fête nationale. Mme Frida Joko, deuxième adjointe au maire de la commune de Bamenda II (Nord-Ouest), lâchement assassinée le 27 octobre 2024 dans l’exercice de ses fonctions, dans le sillage de la projection du film documentaire « Paul Biya, un grand homme d’État au destin prodigieux » à Bamenda.
À ces figures emblématiques s’ajoutent plusieurs conseillers municipaux qui ont perdu la vie en continuant, malgré la terreur et au péril de leur existence, à œuvrer pour le développement de leurs localités. Que des individus à la morale douteuse viennent souiller la mémoire de ces valeureux Camerounais, morts les armes à la main, est tout simplement inacceptable.
Au-delà de l’agitation, rien, le vide
Un médias étranger qualifiait l’opposition camerounaise d’être « la plus bête » d’Afrique. A la lumière de cette démarche insensée, certains observateurs seraient tentés de valider cette affirmation. En sommes Quelle est l’alternative proposée par ces agités, ces tourmentés et promoteurs de ce boycott déguisé ? Aucun programme pour les communes, aucune vision pour le développement local, aucun projet de budget. Rien : le néant absolu en guise de profession de foi. Leur unique ambition pour le Cameroun se résume à une logique de destruction, visant à faire tomber des têtes sans posséder la moindre compétence pour gérer une municipalité. Les électeurs ne s’y tromperont pas. On ne dirige pas une commune avec des visuels créés sur Photoshop , sur l’IA ou des slogans empreints de haine. Le développement local exige de la maturité, un ancrage territorial solide et le sens des responsabilités — des qualités que le RDPC démontre chaque jour sur le terrain, loin du bruit et de la fureur des réseaux sociaux.
Simon Metsengue




