RDPC : ces Ponce Pilate !

RDPC : ces Ponce Pilate !

Prétendre aduler l’architecte tout en démolissant l’édifice : c’est la périlleuse voltige politique à laquelle se livrent les « biyaïstes ». Analyse d’une tentative de déserter le navire RDPC avant les grandes mutations à venir.

Au cœur du débat politique camerounais, un phénomène singulier interpelle : la posture de certains militants dits « de l’uniforme » qui, tout en jurant fidélité au président Paul Biya, pilonnent sans relâche le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Le schéma est désormais bien rodé. Ces acteurs se proclament « biyaïstes de la première heure », invoquant une protection sacrée due au chef de l’État. Mais sous le vernis de cette loyauté affichée se cache une stratégie d’imposture : vouer le parti du flambeau ardent aux gémonies pour attirer l’attention de l’étage supérieur, dans l’espoir de décrocher un dernier strapontin à la « mangeoire » avant l’échéance suprême.

Cette schizophrénie politique relève d’un calcul cynique. Pressentant les mutations inéluctables à venir, ces conspirateurs de salon préparent déjà leur mue. Tels des Ponce Pilate modernes, ils se lavent les mains du bilan collectif devant les détracteurs et les bonimenteurs du Renouveau, espérant déserter le navire à temps pour réapparaître impeccables dans le camp des vainqueurs de demain.

Une contradiction grotesque et une trahison politique

Pourtant, prétendre soutenir Paul Biya tout en cherchant à démanteler le RDPC relève d’une contradiction grotesque, voire d’une trahison pure et simple. Comment peut-on prétendre aduler l’architecte tout en cherchant à démolir les fondations sur lesquelles repose son édifice ? Depuis plus de quatre décennies, le RDPC constitue la colonne vertébrale idéologique et l’appareil d’encadrement populaire qui ont porté et maintenu Paul Biya au pouvoir. Le parti est le véritable chien de garde du Renouveau : c’est lui qui encaisse les coups, essuie les critiques et assume pleinement la responsabilité historique des réussites comme des défis de cette ère.

Un appareil politique résilient face aux épreuves

Ceux qui désignent aujourd’hui le RDPC comme la cible à abattre ne sont pas des réformateurs, mais de simples aventuriers politiques. Cependant, leur calcul fait l’impasse sur une réalité historique majeure : le RDPC n’est pas un colosse aux pieds d’argile. C’est une machine politique résiliente, experte dans l’art de se réinventer. Hier, le parti a survécu au retour tumultueux du multipartisme dans les années 1990 et aux secousses de la Tripartite ; demain, il surmontera avec la même assurance toutes les épreuves de la transition.

L’heure de la clarification dans les rangs

Si la structure résiste aux tempêtes, c’est grâce à la présence, dans l’ombre comme au grand jour, d’hommes et de femmes convaincus, dévoués corps et âme à sa vision. Ces militants authentiques se distinguent par leur capacité constante à se remettre en question, à corriger le tir et à accorder leurs violons face aux crises. Que les opportunistes et les vulgaires traîtres débarquent donc du navire : leur départ aura au moins le mérite de clarifier les rangs, en séparant définitivement la bonne semence de l’ivraie.

Simon Metsengue

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