Concours de la police : le mérite de l’expertise privée !

Concours de la police : le mérite de l’expertise privée !

Depuis plusieurs années, le concours de la police connaît une adhésion fulgurante. La clé de cette innovation ne réside pas seulement dans la technologie, mais aussi dans le choix d’une expertise privée. De quoi s’agit-il ?

Un choix stratégique face au défi de la crédibilité

Fort du constat selon lequel plusieurs concours au Cameroun sont entachés de soupçons de favoritisme et de partialité, et face à une forte demande, la Délégation de la Sûreté Nationale ( DGSN) a fait le choix de l’ingénierie du secteur privé pour numériser et sécuriser ses épreuves. En neutralisant le facteur humain au profit d’un traitement anonymisé et automatisé, l’État garantit une méritocratie stricte et une transparence absolue.

Au Cameroun, la modernisation de l’action publique franchit un cap décisif au sein de la Sûreté nationale. Face aux défis logistiques colossaux et aux suspicions historiques d’opacité, la Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN), sous la conduite de Martin Mbarga Nguélé et conformément aux directives du chef de l’État Paul Biya, a fait un choix audacieux : auditer et sécuriser ses concours grâce à l’ingénierie du secteur privé.

Le New Public Management au service des missions régaliennes

Loin d’une démission de l’Etat, le recours à une expertise d’un partenaire technique expérimenté relève d’une application rigoureuse du New Public Management. En science administrative, ce décloisonnement entre sphères publique et privée répond au principe de subsidiarité technique. Si le pouvoir décisionnel et régalien reste l’apanage exclusif de l’Administration, la gestion opérationnelle de volumes gigantesques de plus de 650 000 candidats traités entre 2021 et 2025 exigeait des outils technologiques de pointe.

Neutralisation du facteur humain et équité citoyenne

Le cœur de cette transformation repose sur l’anonymisation informatique et l’automatisation du traitement des données. En neutralisant le facteur humain lors des étapes critiques de correction et de compilation des notes, le système élimine mécaniquement les marges d’appréciation discrétionnaires. Fini le « tri patronymique », le favoritisme ou le clientélisme : le mérite individuel redevient l’unique critère de sélection. Un candidat issu d’une région enclavée concourt désormais sur un pied de stricte égalité avec n’importe quel autre citoyen.

Une rigueur éprouvée au service de la République

L’éthique de cette démarche s’incarne également dans l’intégrité de ses acteurs, combinant *éthique de conviction* et *éthique de responsabilité*. Les résultats probants illustrés par le succès des récentes vagues de recrutement, dont l’admission de 2 500 élèves-policiers en 2024 démontrent qu’il s’agit d’une véritable politique publique de régulation.

En sanctuarisant la transparence par le biais d’un partenariat technologique impartial, la Sûreté nationale prouve que l’alliance de la rigueur régalienne et de l’innovation privée constitue la clé de voûte de la méritocratie républicaine.

Simon Metsengue

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