Cameroun : hanté par le passé colonial !

Cameroun : hanté par le passé colonial !

Coupés du terrain et aveuglés par le complexe de cooptation extérieure, leaders d’opposition et intellectuels de l’exil volontaire multiplient les appels aux instances internationales pour forcer le destin politique du Cameroun. Une posture hors-sol qui heurte de plein fouet la réalité républicaine : la page de la présidentielle est tournée, et seules les urnes dicteront l’avenir.

Le mirage persistant du cooptation Extérieure

À une certaine époque de l’histoire politique africaine, l’illusion voulait qu’il suffise d’avoir fait l’« école des Blancs », de faire preuve d’une docilité exemplaire envers les chancelleries occidentales ou d’être coopté par l’étranger pour prétendre gouverner une nation africaine. Sept décennies après les indépendances, force est de constater que le spectre de cette inféodation hante encore certains esprits. Qu’il s’agisse de politiciens aux abois ou d’intellectuels de la diaspora, une frange de la classe politique persiste à voir le Cameroun à travers le prisme suranné de l’arbitrage international.

La fuite en avant de Maurice Kamto

Les récents soubresauts de l’actualité en offrent une illustration saisissante. D’un côté, la trajectoire politique de Maurice Kamto, leader du MRC, s’enfonce dans la surenchère épistolaire. En saisissant l’Union africaine par des mémorandums alarmistes pour dénoncer d’hypothétiques dérives constitutionnelles, l’homme politique consomme sa fuite en avant. Faute d’avoir su ancrer son parti dans le terreau national notamment après le boycott suicidaire des législatives et municipales de 2020 qui a fracturé l’opposition et sacrifié ses propres militants , il cherche désormais dans les salons diplomatiques un sursaut d’existence. Cette gesticulation internationale ne trompe personne : elle n’est que l’écran de fumée d’un vide stratégique abyssal.

La tentation du décret depuis l’exil

De l’autre côté, le manifeste des « 11 intellectuels de la diaspora » réclamant une « transition constitutionnelle » relève de la même déconnexion. Depuis les salons feutrés de Paris, Bruxelles ou Washington, ces exilés volontaires prétendent décréter la caducité des institutions camerounaises. Sans jamais avoir affronté le verdict des urnes, sans avoir battu la campagne dans le pays profond ni convaincu un seul électeur sur le terrain, ils s’érigent en donneurs de leçons. Une telle démarche trahit un mépris déconcertant pour la volonté populaire et le choix librement exprimé par les Camerounais.

La souveraineté populaire n’est pas négociable

Il est grand temps de ramener ces illusionnistes aux réalités démocratiques. Que les choses soient claires : **aucune pétition virtuelle, aucun plaidoyer devant les instances internationales, ni aucun appel du pied aux capitales étrangères ne remplaceront jamais un mandat populaire.** L’époque où le pouvoir s’octroyait par décret extérieur ou par conspiration feutrée est définitivement révolue.

Cap sur les urnes et le terrain national

Au Cameroun, la seule voie légitime vers le pouvoir réside dans le respect strict de la Constitution et l’épreuve du suffrage universel. La page de la présidentielle est désormais tournée Paul Biya est aux commandes et il exécute son mandat dans le style qui est le sien au nom du peuple souverain et maître de son destin. Le pays, fort de la solidité de ses institutions et de sa maturité républicaine, regarde vers l’avant : l’échéance des élections législatives et municipales. C’est sur le terrain, au contact direct des citoyens et au cœur des réalités locales, que se mesure la véritable carrure politique, bien loin , mais alors bien loin de la foire aux empoignes des réseaux sociaux.

Simon Metsengue

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