
Pétrole : le pari du renouvellement des réserves!
Pour contrer le déclin naturel de ses gisements historiques, Yaoundé lance un vaste appel d’offres international portant sur six blocs pétro-gaziers. Une offensive stratégique oscillant entre attractivité contractuelle et exigences de souveraineté.
Par un avis officiel signé de son Administrateur-Directeur Général, Adolphe Moudiki, la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) a officiellement ouvert un *Licensing Round* international. Au cœur de cette consultation : six blocs libres répartis sur trois bassins sédimentaires majeurs. Il s’agit de Ndian River et Bakassi (dans le bassin du Rio del Rey), de Kombe-Nsepe et Bomono (dans le bassin de Douala/Kribi-Campo), ainsi que de Zina et Makary (dans le bassin du Logone Birni).
Cette initiative intervient dans un contexte d’urgence structurelle. L’amont pétrolier camerounais souffre de la maturité avancée de ses périmètres historiques, en particulier le bassin du Rio del Rey, où l’épuisement progressif des champs met sous pression la production nationale. Pour soutenir ses recettes fiscales, alimenter son industrie locale et équilibrer sa balance commerciale, le pays n’a d’autre choix que d’intensifier l’exploration et d’encourager le renouvellement de ses réserves prouvées.
Attirer les majors à l’heure de la transition
Convaincre les compagnies pétrolières internationales (IOC) relève toutefois du défi. Alors que les investissements mondiaux s’orientent vers la transition énergétique et la décarbonation, la SNH déploie une stratégie de séduction ciblée. Le Cameroun met en avant une grande flexibilité contractuelle, proposant des mécanismes allant du contrat de partage de production (CPP) à la concession. Pour réduire les risques géologiques, la SNH s’est également associée au géant de l’imagerie géophysique Viridien, offrant aux soumissionnaires des données sismiques 3D retraitées de haute précision.
Cependant, séduire ne signifie pas brader. Fidèle aux dispositions du Code pétrolier, l’État fixe des garde-fous stricts. Les candidats devront s’engager sur des programmes minimaux de travaux rigoureux, tout en respectant des exigences fermes en matière de protection de l’environnement, de transfert de technologies et de promotion du contenu local. L’objectif est clair : garantir que l’exploitation des ressources du sous-sol profite directement au tissu économique national et au renforcement des compétences locales.
Les compagnies candidates ont jusqu’au 28 mai 2027 pour déposer leurs dossiers. Ce calendrier laisse le temps aux acteurs majeurs d’évaluer les données techniques, mais place déjà l’avenir énergétique du Cameroun sous le signe d’un suspense suivi de près par l’ensemble du marché pétrolier africain.
Simon Metsengue




