
Le RDPC : le bon grain et l’ivraie !
La 44e édition du Renouveau national approche à grands pas, dans un climat singulier où le bruit médiatique érige le RDPC en bouc émissaire universel. À chaque scandale, à chaque faux pas de gestion ou ombre portée sur la cité, c’est le parti tout entier que l’on montre du doigt, étouffant les responsabilités individuelles sous le poids d’un lynchage commode. Puis, sitôt la tempête médiatique apaisée, une autre affaire vient chasser la précédente, laissant l’institution seule face à l’écho de ses blessures… et pourtant.
Quarante ans d’empreinte sur l’histoire nationale
Né des fonts baptismaux de l’UNC le 24 mars 1985 à Bamenda, sous l’impulsion de son président national, son Excellence Paul Biya, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) s’est imposé, au fil de quatre décennies, comme la respiration et la colonne vertébrale de notre vie politique. Bâti sur le socle lumineux du libéralisme communautaire, il a voulu marier l’effort et la concorde autour d’un triptyque indissociable — Unité, Progrès, Démocratie —, prolongé par la rigueur et la moralisation, ainsi que par ces trois promesses cardinales : un État juste et régulateur, la liberté d’entreprendre et la fraternité du devoir de solidarité. Malgré les bourrasques du monde, les crises géopolitiques et les tourments sécuritaires, le parti du flambeau ardent a porté l’ambition d’un Cameroun moderne, tourné vers la dignité collective.
L’épreuve du doute et des ambitions dévoyées
Pourtant, ces dernières années, des ombres épaisses ont touché des figures de premier plan, mêlant des noms que l’on croyait voués au service public à des affaires de corruption et de dérives économiques. Dès lors, une question grave s’élève, empreinte de cette amertume propre aux grandes espérances trahies : le parti au pouvoir peut-il porter le poids des fautes de ses enfants égarés ?
Une lecture lucide et apaisée ne peut appeler qu’une réponse sans équivoque : le RDPC ne saurait en aucun cas être l’artisan ni le complice des compromissions de ses militants infidèles.
La faillite des hommes, l’intégrité des textes
Beaucoup de ces hommes, mus par une ambition stérile, n’ont cherché dans le parti qu’un marchepied. Portés par le prestige de l’étiquette et la confiance généreuse du président national, ils ont reçu des charges éminentes, des décrets, des investitures et des missions républicaines. En s’enfermant dans l’oubli du serment initial, ils n’ont pas seulement trahi le chef de l’État et l’organisation qui les avait couronnés ; ils ont trahi la confiance du peuple camerounais. Aujourd’hui, pour ceux que la justice a déjà cueillis comme pour ceux qui croient encore échapper au temps, l’heure est venue de répondre de leurs actes. Ils portent, seuls avec leurs complices, le poids implacable de leur félonie devant la loi et devant l’histoire.
Car aucune doctrine du RDPC, aucun de ses textes fondateurs n’a jamais fait l’apologie du gain facile ou du pillage de la chose publique. Au contraire, le parti est né d’une exigence de moralité. Ces turpitudes relèvent de la faille intime, de la lâcheté morale, et non d’une institution qui prêche l’intérêt général.
Séparer le bon grain de l’ivraie
Pour rester fidèle à sa mémoire et à son avenir, le RDPC doit accomplir ce geste nécessaire, teinté de la tristesse des grands nettoyages mais dicté par l’amour de la patrie : séparer le bon grain de l’ivraie. En se dressant sans ambiguïté contre ceux qui ont dévoyé son blason pour s’enrichir, le parti retrouve sa pureté originelle. Il rappelle au pays que sa boussole demeure immuable, et que la véritable force d’une grande famille politique réside dans son courage de balayer son seuil pour mieux servir la République.
Simon Metsengue




