
Le FSNC : nul n’est au-dessus de la loi !
Le Cameroun vient de tourner définitivement la page de l’élection présidentielle de 2025 avec une décision forte , prise par le ministre de l’Administration territoriale (MINAT), Paul Atanga Nji : la suspension pour une durée de trois mois de toutes les activités du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) sur l’ensemble du territoire national.
Cette mesure fait suite aux condamnations de plusieurs prévenus arrêtés dans le cadre des manifestations post-électorales le 08 octobre dernier au tribunal militaire. Intervenant à l’approche de la convocation du corps électoral pour les élections municipales et législatives, elle met en lumière une nécessité absolue : rappeler qu’en démocratie, aucun acteur politique ne saurait s’affranchir des lois de la République.
Entre équité judiciaire et magnanimité
Cette décision administrative prolonge le dénouement des affaires liées aux troubles survenus lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Le Tribunal militaire de Yaoundé a en effet vidé sa dernière série de dossiers, marquant une étape judiciaire majeure dans le traitement de ce contentieux.
À cette occasion, l’État du Cameroun a fait preuve d’une remarquable magnanimité. Malgré la gravité extrême des actes commis allant de l’appel à l’insurrection et de l’incendie volontaire de bâtiments publics et privés jusqu’à la perte tragique d’une dizaine de vies humaines , la justice a fait preuve d’une clémence mesurée. Les condamnations prononcées se sont révélées souples, oscillant selon les cas entre des peines assorties d’un sursis, des relaxes au bénéfice du doute et des peines modérées.
Dans le même esprit, la suspension de trois mois infligée au FSNC, identifié comme le principal instigateur de ces agissements destructeurs, constitue un signal fort mais proportionné face au chaos sécuritaire et institutionnel que le pays a frôlé.
Les motifs d’une sanction inévitable face à la dérive insurrectionnelle
L’arrêté ministériel pointe du doigt des agissements d’une particulière gravité commis avant, pendant et après le scrutin présidentiel :
L’appel à l’insurrection ;L’atteinte à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté de l’État ;
L’incitation à la violence ayant entraîné des destructions massives ;
Les troubles graves à l’ordre public ;
La résidence prolongée à l’étranger de l’un de ses principaux dirigeants statutaires, en l’occurrence le président du parti, Issa Tchiroma Bakary.
Il convient de le rappeler avec force : rien, absolument rien, ne saurait justifier la mise à feu et à sang d’une nation. La vocation première d’un parti politique est d’être un instrument démocratique d’éducation civique, un vecteur de conquête pacifique du pouvoir par les urnes et une force de propositions pour le développement, et non une milice propulsant le pays dans le chaos.
État de droit et impératif de concorde républicaine
La préservation de l’État de droit ne contredit en rien l’exercice des libertés publiques ; au contraire, elle en est le garant ultime. Alors que s’annonce le prochain cycle électoral pour les municipales et les législatives, l’heure est à la responsabilité pour l’ensemble des acteurs politiques.
Le Cameroun, résolument tourné vers l’avenir, a plus que jamais besoin de bâtisseurs de paix et non de pyromanes. Avis aux entrepreneurs du chaos .
Simon Metsengue




