
Édito de l’ Action/ Vers 06 Novembre 2: Seul sur l’Olympe!
Le présent semble parfois rejouer le passé.
Le huitième mandat de Paul BIYA à la tête du Cameroun avait commencé le 6 novembre 2025 avec en apothéose la prestation de serment du président élu, au terme de l’élection du 12 octobre 2025. Comme un clin d’œil et non comme un bégaiement ou une répétition de l’histoire. Un clin d’œil et non une répétition pour conjurer la formule pessimiste voire funeste de Karl MARX qui postule: « l’histoire se répète deux fois: la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une farce ». Tout avait si bien commencé le 6 novembre 1982…
En souvenir de cette date mémorable, Paul BIYA, ses soutiens, les sympathisants du Renouveau ainsi que les militants du RDPC et les « Camerounais de bonne volonté » se mobilisent donc pour célébrer ce vendredi 6 novembre 2026 le 44è anniversaire de cet événement. La cuvée de cette année aura une saveur toute particulière en raison du climat pré électoral qui plane sur le Cameroun. Il n’est d’ailleurs pas exclu que le décret convoquant le corps électoral pour les législatives et les municipales soit publié ce vendredi 6 novembre ou quelques heures plus tard. Encore un clin d’œil qui devrait être source d’émulation, d’engagement et d’inspiration dans la mobilisation souhaitée en ce jour historique et dans la perspective des prochaines échéances dont l’une des clés de la victoire pour le RDPC sera le choix de ses candidats.
En attendant de voir quel sera l’impact de ces festivités dans les urnes, hommage à la vedette du jour, l’homme du 6 novembre, Paul BIYA qui, malgré l’usure du temps et des années, reste la figure tutélaire, le pivot central, le recours ultime du Renouveau. Dans le rôle de « peintre » d’un jour, le Secrétaire général du comité central, fin connaisseur et fidèle parmi les fidèles du premier jour de Paul BIYA, esquisse, à coups de pinceau, un tableau de circonstance à inscrire dans la grande fresque en cours de réalisation depuis 1982.
Dans la circulaire adressée aux militants, il écrit: « aujourd’hui, dans une conjoncture internationale incertaine et mouvante, marquée par des crises systémiques qui font vaciller bon nombre de nations, y compris celles qui sont classées parmi les plus puissantes de la planète, le Président Paul BIYA poursuit l’exercice de ses hautes charges au sommet de l’Etat dans une audace tranquille, avec son art singulier de gouverner, adossé à son expérience unique, sa pondération inégalée et sa sagesse politique immense, toujours aussi parfaitement conscient des attentes et des impatiences de ses compatriotes. »
En quelques touches colorées, il en rajoute une couche des lignes plus loin: « la fidélité au Président Paul BIYA est donc un choix conscient de mémoire et de continuité historique. En célébrant les 44 ans de Magistrature Suprême du Président de la République, dans un esprit de renforcement de la fidélité à son endroit, nous magnifions fondamentalement une longévité protectrice au sommet de l’Etat qui, pour le pays, lui sert précieusement de boussole et de GPS ».
Et de conclure de manière sentencieuse: « le président Paul BIYA est un gage de sécurité, de stabilité, de paix, d’unité et de progrès. Mais également un argument de dissuasion décisif et efficace, surtout en contexte d’influence croissante des techniques modernes de communication, notamment les réseaux sociaux ».
En somme, pour le Secrétaire Général du comité central comme pour de nombreux militants du RDPC et une grande majorité de Camerounais, Paul BIYA continue d’être l’homme de la situation. Même s’il n’a plus une forme tout à fait olympique, il reste seul sur l’Olympe, d’où il voit et entend tout. C’est une grâce. A son âge et avec son cursus, il connaît mieux que quiconque le paradoxe de la solitude du pouvoir illustré par le destin des dieux et des dirigeants de la Grèce antique: « ils finissent seuls sur l’Olympe, entourés de miroirs ».
En effet, les mauvaises langues seraient tentées de rétorquer que ces dernières années, le Président semble (s’)être entouré davantage de ceux qui lui disent ce qu’il veut entendre et de moins en moins de ceux qui lui disent ce qu’il doit entendre. Il faut se méfier des courtisans!
Mais les Camerounais en général et les fidèles militants du RDPC en particulier, derniers boucliers et soutiens inconditionnels, continuent de croire et de penser, en toute lucidité, que Paul BIYA n’est ni un dieu antique ni un despote. « Il n’y a pas de Dieu sur terre », aimait à rappeler un de ses anciens collaborateurs et compagnons de route, aujourd’hui décédé.
Tout au plus, reste-t-il dans l’imaginaire collectif le Shérif qui veille sur le peuple et patrouille dans la cité à la recherche des malfrats et des renégats. Le cliché ne correspond pas sans doute à son tempérament naturel et à son caractère personnel mais les Camerounais n’en pensent pas moins.
S’agissant des « attentes et des impatiences » de ses compatriotes exprimées à maintes reprises dans plusieurs domaines, il bénéficie encore de la confiance du peuple. A cet égard, il est loin d’avoir dit son dernier mot. Comme dans les films western d’une certaine époque, les Camerounais espèrent qu’il garde toujours dans le barillet de son colt une dernière balle. La balle du Shérif. Ils attendent avec espoir et confiance quand il dégainera pour faire feu! Pourvu que sa main ne tremble point à ce moment décisif. N’avait-il pas dit, dès le 6 novembre 1982, là où tout avait commencé: « je n’y faillirai point »?
Décidément, le présent a parfois tendance à rejouer le passé.
Bonne célébration du 6 novembre!
Christophe Mien zok/ journal l’ Action N°1595




