Cameroun / Émergence 2035 : « Unis, nous le serons »

Cameroun / Émergence 2035 : « Unis, nous le serons »

Récemment, Paul Biya a rappelé la condition essentielle pour atteindre l’objectif d’un pays à revenu intermédiaire tranche supérieure d’ici 2035. Mais le peuple camerounais est-il prêt à relever ce défi présidentiel ?

À l’approche de l’élection présidentielle d’octobre prochain, Paul Biya, candidat probable, affirme vouloir achever sa mission : faire du Cameroun un État émergent. Pourtant, l’« émergence » reste un mantra récurrent dans les discours politiques. Pour l’opposition, il s’agit d’un simple slogan, un mirage entretenu par le pouvoir pour maintenir la population dans l’illusion. Selon ces détracteurs, le pays serait mal gouverné, plongeant près de 8 millions de Camerounais sous le seuil de pauvreté. Ces critiques, amplifiées par les médias et le cyberespace, gagnent du terrain.

Contexte préélectoral et perception populaire
Dans un contexte préélectoral tendu, une partie de la population, confrontée aux difficultés quotidiennes, adhère à cette vision pessimiste. Cependant, le camp gouvernemental défend une approche réaliste de l’émergence : transformer le Cameroun en un pays à revenu intermédiaire tranche supérieure, caractérisé par un Revenu National Brut (RNB) par habitant d’au moins 4 300 dollars annuels (environ 3 millions de FCFA). Pour y parvenir, le PIB actuel (estimé à 50 milliards de dollars US) devrait croître de 8 % par an durant la prochaine décennie. Cet objectif exigerait une augmentation du taux d’investissement (de 20 % à 30 %) et une croissance annuelle de la productivité de 2 %.

*Le Cameroun peut-il relever ce défi sous la présidence de Paul Biya ?*

Entre 2023 et 2024, la croissance de la productivité est passée de 3,8 % à 3,9 %, soit une légère hausse de 0,1 %. Le président s’en est félicité, soulignant la sortie progressive de la crise COVID. Les projections pour 2025 tablent sur une croissance de 4,5 %, portant ce ratio à 0,6 %. Si cette tendance se maintient, le Cameroun pourrait effectivement intégrer la tranche supérieure des pays à revenu intermédiaire.

Actuellement classé en tranche inférieure (RNB/habitant : 1 690 dollars), le pays a connu une croissance atone entre 2015 et 2025, en raison des crises sécuritaires (Boko Haram, crise anglophone) et sanitaires (COVID-19). Malgré ces défis, le gouvernement assure avoir « maintenu le cap ».

*Perspectives et leviers de croissance*

Avec un retour au calme relatif et la fin de la pandémie, le Cameroun pourrait relancer son économie. La décentralisation, présentée comme un levier majeur, doit atteindre sa « vitesse de croisière ». Pour Paul Biya, la clé réside aussi dans l’approfondissement de l’intégration régionale, via la future communauté monétaire CEMAC-CEEAC, dont il pilote la rationalisation.

En conclusion, le chef de l’État lance un appel à l’unité nationale : « Unis, nous le sommes et nous le serons davantage. Unis, nous sommes respectés et crédibles sur la scène internationale. Divisés, nous ne le serons pas. »

Simon Metsengue

CATEGORIES
TAGS
Share This

COMMENTS

Wordpress (0)
Disqus ( )
error: Content is protected !!
%d bloggers like this: