Cameroun: Quel héritier pour quel héritage ?

Cameroun: Quel héritier pour quel héritage ?

Paul Biya s’adresse à ses jeunes Compatriotes ce 10 Février 2025. Quel enjeu dans un climat de suspicion pré-électorale ?

Comme il est de coutume depuis l’ avènement du Renouveau , le Président Paul Biya va s’adresser à la jeunesse Camerounaise ce 10 Février quand il sera 20h à la télévision nationale du pays. Ce rituel républicain est la marque déposée du Cameroun depuis le 11 février 1966 date de la première édition de la fête nationale de la jeunesse. Cette date n’est pas anodine. En effet le 11 Février 1961 date à laquelle le Northern Cameroon a été définitivement donnée en récompense au Nigeria au travers d’un référendum biaisé par les colons alors même que ceux-ci auraient tout simplement dû permettre au Cameroun de retrouver sa superficie d’antan afin de faciliter la demande du peuple Camerounais formulée depuis Mars 1916. Durant 5 ans , le peuple Camerounais a regretté la séparation d’ une partie de son territoire donnée en récompense à l’ Empire britannique via son rattachement au Nigeria. Pour sortir de se spectre du défaitisme , les autorités d’antan ont décidé dès le 11 Janvier 1966 d’investir la jeunesse Camerounaise tout entière de la mission d’unité nationale à tout prix et de batailler pour retrouver cette partie perdue de la patrie . Tel est devenu le sens des challenges que la jeunesse Camerounaise devait relever.

59 ans après, les jeunes d’hier sont devenus adultes . Ils ont atteint la maturité et donc, peuvent mieux comprendre la responsabilité qui est la leur pour la consolidation de la paix , la sécurité et la promotion de la croissance économique et du processus démocratique du Grand État Cameroun en dehors de la mission de conquête qui leur était assignée.

Année après année, le Cameroun a consolidé son unité malgré les veileités de division que certains Camerounais ont voulu engager du fait de la manipulation de certaines puissances étrangères. Le Cameroun, de 1961 en 1982 a mis en place les balises d’un État Nation. Le Président Ahmadou Ahidjo durant 21 ans, a jeté les bases d’Un État et une République forte encrée dans les valeurs de diversité culturelle et ancestrale socle même de la grande Nation en de devenir.

Dès lors la mission de son successeur s’annoncait alors très grande et très importante. Cette mission qui était celle de parachever on indépendance et sa modernité dans son unité et son indivisibilité s’annoncait alors cruciale. Paul Biya reprenant le flambeau le 06 Novembre 1982 s’est dont attelé avec détermination et abnégation à cette mission historique. Entre 1982 et 1992 , il a remis au peuple Camerounais souverain et maître de son destin son pouvoir de choisir ses propres dirigeants sans l’intervention de l’ étranger. À travers la démocratie, le peuple Camerounais depuis Mars 1992 choisit ses dirigeants à travers les élections présidentielles, municipales, législatives, sénatoriales ou encore régionales. Il fallait dès lors acquérir sa souveraineté militaire. Sa capacité à se défendre soi même sans l’intervention de l’étranger. Entre 2001 et 2009, après s’être rendu compte du non respect des accords de défense, a choisi de faire des a réformes profondes de l’armée Camerounaise sur le triptyque rajeunissement, spécialisation, professionnalisation. En 2009, le pays avait alors acquis sa souveraineté militaire et était doté de toute sa capacité de défendre tout seul son intégrité territoriale sur le plan terrestre, maritime et aérien. Sans oublier la sécurité à l’intérieur de son territoire. Il fallait alors aussi acquérir son indépendance économique . Paul Biya, avait commencé dès le début de son magistère à jeter les balises de l’ indépendance économique dès 1986. Ces balises se structuraient autour du multilatéralisme, de la diversification des partenariats économiques. Pour ce faire , il a mis en place un programme ambitieux dès 1987 : le Liberalisme Communautaire pour doper l’initiative privée et confiner l’Etat au rôle de régulateur. Tout ceci visait donc à préparer le pays acquérir la capacité de battre monnaie. Sachant les méandres des monnaies nationales et fort de la résilience de l’ économie Camerounaise, il a entrepris avec ses pairs de la CEEAC de mettre sur pied un processus de monnaie sous régionale à 11 États fusionnant ainsi la CEMAC avec le FCFA monnaie aux caractéristiques archaïques et qui n’est plus adaptée aux besoins des pays africains utilitaires . Ce processus savamment mené par Paul Biya est en cours d’acheminement et est projeté se terminer entre 2026 et 2028. Il aurait alors achevé sa mission de faire du Cameroun un État souverain a tout point de vu et qui détient tous les leviers de son développement et son émergence.

À cette année 2025 , année électorale cruciale où le peuple Camerounais va choisir à nouveau celui qui le conduira durant les 7 prochaines années, Paul Biya va s’adresser à la classe majoritaire, la jeunesse qui représente plus de 70% de la population et du corps électoral. Les Jeunes attendent donc avec impatiente le discours de leur chef de l’ État . Discours qui leur permettra de connaître clairement la situation de leur pays mais aussi les projections futures . C’est ainsi donc qu’ils pourront en Octobre prochain en toute conscience et responsabilité décider d’opérer un choix pour la continuité de la construction de leur Nation avec l’Homme du Renouveau ou alors une rupture hypothétique et risquée de la tombe où dorment les ancêtres et le jardin que les aïeux ont cultivé.

Simon Metsengue

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