La vie d’ Artiste : la “vie du Poulet”

La vie d’ Artiste : la “vie du Poulet”

L’ Appel à l’ aide de l’ Artiste ” Eza boto” relance le problème de la vulnérabilité des artistes camerounais . Qu’ est ce qui peut expliquer ces pics de célébrités au sommet de leur carrière puis de vulnérabilité dans la maladie de plusieurs artistes Camerounais ?

L’humoriste camerounais Serge Alain Ndjamen alias Ezaboto a été hospitalisé en février dernier à Douala pour de graves complications de santé. Comme de coutume, un appel à l’ aide a été lancé . À ce jour, les nouvelles font état de l’ amélioration de son état de santé même si la situation reste délicate. Le Ministère de la Santé publique est cette fois venu à son chevet pour le soulager dans sa vulnérabilité. Il n’ est pas seul, plusieurs autres artistes ont été dans cette situation et le même procédé a été lancé à coup de pathos par leur entourage. L’ objectif visé étant d’ influencer l’auditoire en exploitant des sentiments de compassion ou de culpabilité, utilisant souvent une narration très expressive. Certains ont eu la vie sauve , d’ autres n’ont pas survécu automatiquement la faute est rejetée à l’ État. Le MINAC de son côté est débordé par des demandes incessantes d’ aide. l’ an dernier certaines sources ont évoqué plus d’une centaine d’ artistes passés à la Caisse pour les mêmes raisons.

Comme la ” cigale et la fourmi” 

Et pourtant, l’ Etat , depuis 2018 a supprimé le fond d’ aide spécial dédié à cette situation du fait du changement de paradigme qui ne fait plus du ministère des Arts et de la Culture un ministère à caractère social mais un ministère productif . En sommes , ce ministère de souveraineté s’oriente avec l’ implémentation de la SND30 vers un rôle productif, visant à transformer le secteur culturel en levier économique avec un accent sur les industries culturelles et créatives. Son ambition est à terme de rentabiliser le sous-secteur art et culture, dépassant sa fonction traditionnelle de soutien social. D’ où la restructuration en cours . Et donc le domaine artistique et culturel ne peut plus être pris comme un domaine social mais un levier économique majeur où les artistes doivent prendre conscience de la formalisation de leur activité et de leur talent pour en faire des entreprises viables . Comme dans la célèbre chanson ” c’ est la vie du poulet” interprété par l’artiste La Chacala en featuring avec Le Yendel, beaucoup d’ artistes  sont plus portés par le luxe et le lucre au temps de la célébrité bonjour l’ extravagance . Au moment de la maladie, ils sont incapables de se prendre en charge. Un vrai paradoxe frappant.

La vie d’ Artiste : “la vie du poulet”   

Et pourtant , le métier d’ artiste est déjà doté d’un cadre juridique formel lui garantissant une couverture sociale systématique. Certains évoquent la précarité des revenus mais on peut plutôt parler
des revenus souvent irréguliers, dépendants des spectacles ou des contrats ponctuels qui manquent de la part des acteurs, des mécanismes d’ épargne du fait d’ une gestion approximative de leur carrière. Enfin, l’ épineux problème des droits d’ auteurs dont l’ opacité a toujours été un vrai serpent de mer . Tout cela porte un coup dur à l’ image de la culture Camerounaise. C’ est donc bien de dormir dans des hôtels 5 étoiles, de mener une vie de bourgeois et de Prince , être entre 2 avions pour des vacances dans des endroits paradisiaques durant les moments de célébrité mais il faut penser à demain pour ne pas être les adeptes du Vivre heureux et mourir jeune .

Simon Metsengue

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