45ème édition JIP : Paul Biya, l’équation de la stabilité au cœur des tempêtes!

45ème édition JIP : Paul Biya, l’équation de la stabilité au cœur des tempêtes!

En ce 21 septembre 2026, la Journée internationale de la paix se célèbre dans un paysage mondial fracturé. De l’Europe de l’Est au Moyen-Orient, l’affrontement direct a supplanté l’art du compromis, révélant la précarité extrême de l’ordre international. Dans ce contexte de tensions globales, la trajectoire politique du président camerounais Paul Biya offre un cas d’école sur la recherche permanente d’équilibre.

Dès 1987, en pleine Guerre froide, son ouvrage *Pour le libéralisme communautaire* posait les jalons d’une troisième voie. Face au choc frontal entre capitalisme et communisme, il proposait de concilier la liberté d’entreprise et la solidarité nationale, associant l’essor individuel à la préservation du corps social : une doctrine d’apaisement qui allait guider sa politique intérieure et extérieure.

Sur le plan national, la gestion des crises majeures a privilégié la préservation du tissu national. Au lendemain de la tentative de coup d’État de 1984, l’option de la réconciliation institutionnelle l’a emporté sur le cycle des vengeances politiques. Cette dynamique s’est accompagnée d’un effort de mémoire, marqué par la réhabilitation officielle de grandes figures indépendantistes et historiques jadis ostracisées, à l’instar de Ruben Um Nyobè, de Félix Moumié ou encore d’Ahmadou Ahidjo.

Sur le plan territorial, le règlement du différend frontalier sur la presqu’île de Bakassi face au Nigeria demeure une référence de diplomatie juridique. Là où d’autres nations cèdent à la tentation de la force, le Cameroun et son voisin ont choisi la voie stricte du droit international et des accords de Greentree. Un modèle de résolution pacifique qui continue d’alimenter les réflexions face aux conflits frontaliers contemporains.

Cette quête de stabilité se manifeste également dans la gestion des crises intérieures récentes, à travers le Grand Dialogue National et la création des comités de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. À l’échelle sous-régionale, l’engagement du Cameroun en Centrafrique, au Tchad ou encore l’interception, en 2017, d’un commando armé visant à déstabiliser la Guinée équatoriale témoignent d’une doctrine axée sur la sécurité collective en zone CEMAC.

Comme le souligne l’essayiste Simon Metsengue dans son ouvrage *Ultimes Combats du Grand Nobel Africain*, paru aux éditions Medi en juillet 2025 et préfacé par le Dr Komidor Nji Moluh, les défis futurs demeurent pourtant immenses. À la suite de l’élection présidentielle d’octobre 2025, les enjeux centraux touchent à la pérennisation des mécanismes constitutionnels de dévolution du pouvoir, au maintien de la stabilité en Afrique centrale et à la sécurisation du Golfe de Guinée, zone maritime hautement stratégique. C’est sur la consolidation de ce socle institutionnel que s’évaluera la pérennité de ce modèle de paix.

Simon Metsengue

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