Cameroun : naufrage des apprentis sorciers !

Cameroun : naufrage des apprentis sorciers !

Paul Biya est de retour au Cameroun depuis cette fin de journée du jeudi 20 Août . Un simple atterrissage aura suffi à balayer des semaines de rumeurs extravagantes, de pseudo-analyses et de prophéties apocalyptiques imposant par la même occasion son propre tempo à une opinion publique maintenue sous tension par les prophètes de malheur.

Pendant plusieurs semaines, le séjour présidentiel à l’ étranger aura monopolisé près de 80 % du temps d’antenne. Sur les réseaux sociaux comme dans les plateaux télévisés, tout le monde y est allé de sa prédiction. Une certaine presse internationale : de Jeune Afrique au journal Le Figaro passant par CNN auront lourdement péché par sa méthode. Faute de s’abreuver aux bonnes sources, ces médias ont préféré relayer des hypothèses bancales et des spéculations sans fondement. Une dérive qui pose la question de l’éthique et de la rigueur professionnelle lorsque le sensationnalisme prend le dessus sur la vérification des faits.

Sur la scène numérique, la foire aux intox a battu tous les records. Boris Bertolt, Paul Chouta et autres marchands d’illusions auto-proclamés se sont transformés en « oiseaux des ténèbres ». Pour eux, le pactole en clics et en visibilité fut juteux. À coup de déclarations fracassantes affirmant que le Président « ne rentrerait plus vivant », ces bonimenteurs invétérés ont alimenté un cirque médiatique permanent, rejoints chaque fin de semaine par les bavards des platanes du dimanche.

Le plus tragique reste le coût d’opportunité de cette hystérie collective. Pendant que l’opinion buvait ces insanités, les vrais sujets du quotidien camerounais ont été balayés sous le tapis : la rentrée scolaire, les enjeux du concours de la police, le déroulement du recensement général ou encore les défis économiques immédiats. On aura tout entendu, sauf l’essentiel.

Si l’on dit habituellement qu’« une fois ne saurait être coutume », le scénario est ici devenu une habitude grotesque. À chaque déplacement présidentiel, les mêmes acteurs tendent le même piège, et les mêmes crédules s’y laissent prendre. Ceux qui ont accordé du crédit à ces boniments sont aujourd’hui les seuls à plaindre. Mais ce retour offre au moins une leçon : la vérité finit toujours par reprendre ses droits face aux vendeurs de vent.

Simon Metsengue 

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