Restauration de la SCDV : Bidoung Kpwatt fixe le cap !

Restauration de la SCDV : Bidoung Kpwatt fixe le cap !

Le Ministre des Arts et de la Culture (MINAC), Bidoung Kpwatt, a présidé à la salle des convivialités du Musée National, ce jeudi 20 août 2026, la cérémonie officielle de lancement des opérations de restauration de la Société Civile Camerounaise des Droits Voisins (SCDV). Cette rencontre s’est tenue lors d’une audience accordée aux représentants des Organismes de Gestion Collective (OGC). Retour sur les enjeux d’une cérémonie très courue.

Une étape décisive a été franchie dans l’assainissement du paysage culturel camerounais ce 20 août 2026. La SCDV était jusqu’ici minée par de nombreux problèmes : non-paiement des redevances par les diffuseurs (médias, hôtels), méconnaissance des droits voisins souvent confondus avec le droit d’auteur, ou encore manque de données de diffusion pour un calcul et une répartition équitables. À cela s’ajoutaient la méfiance des artistes liée à l’instabilité historique de la gestion collective, le piratage et l’ampleur du secteur informel rendant la traçabilité des œuvres complexe, sans oublier les récurrentes tensions sur le montant et la répartition des redevances. Par ailleurs, la gestion des adhésions, les critères de classification des membres et les échéances électives ravivaient constamment les rivalités de leadership. Face à ces défis majeurs — et alors que la digitalisation et la transparence des collectes deviennent indispensables pour répondre aux attentes de paiements réguliers aux normes internationales —, le MINAC a convoqué les OGC afin de baliser les pistes d’une gestion plus saine et rigoureuse.

Que dit la loi ? 

Au cours de cette audience, il a tout d’abord été question de rappeler le cadre juridique régissant cette activité. S’appuyant sur la Loi n°2000/011 du 19 décembre 2000 et le Décret n°2015/3979/PM du 25 septembre 2015, l’Inspecteur général du MINAC, Mme Ngeh Rekia, a rappelé le rôle tutélaire inaliénable de l’État. En tant qu’architecte des textes, garant de la légalité et régulateur, le Ministère intervient de la naissance à l’extinction des OGC, veillant scrupuleusement à la protection des intérêts patrimoniaux des créateurs.

Toilettage réussi 

Par la suite, un travail rigoureux de vérification et de toilettage du répertoire de la SCDV a été présenté par M. Lobe Richard, Président du groupe de travail mis en place par le MINAC. Après l’élimination des doublons et le retrait des membres décédés, le fichier retenu compte désormais 1 498 membres. Sur les 558 souscriptions enregistrées via les services déconcentrés du MINAC, 387 souscripteurs authentifiés ont été retenus, dépassant ainsi le quorum légal requis du tiers (366 signatures). Ce processus ouvre la voie à la convocation imminente d’une Assemblée Générale Extraordinaire Élective afin de mettre fin à la gestion informelle de la SCDV et de revenir à l’orthodoxie de ses missions : assurer une redistribution juste, équitable et régulière des redevances aux ayants droit, comme l’a souligné le Pr François Edimo, Président de la CCOGC.

À l’issue des échanges, le Ministre Bidoung Kpwatt a fixé une feuille de route stricte pour sortir la société des querelles intestines et des procédures judiciaires paralysantes :

L’organisation prochaine de l’Assemblée générale extraordinaire élective destinée au renouvellement des organes statutaires ;

Le respect strict des textes : le Président de la CCOGC et ses collaborateurs devront veiller au respect des textes applicables, à la responsabilité et au professionnalisme de tous les intervenants ;

Un climat apaisé : l’Assemblée générale devra se dérouler dans un cadre inclusif, impartial et transparent ;

L’encadrement institutionnel : la CCOGC jouera pleinement son rôle de suivi du processus jusqu’à son terme en garantissant l’objectivité et l’équité ;

Le retour d’expérience : la nécessité de tirer les leçons des difficultés passées pour définir de nouvelles orientations et améliorer durablement la gestion collective ;

L’appel à la responsabilité : une invitation adressée aux responsables des OGC à faire preuve d’un sens élevé du devoir, à rassembler les artistes autour d’un idéal commun et à œuvrer à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Le maçon est désormais attendu au pied du mur.

Simon Metsengue

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