
Complexe d’Olembé : 250 milliards, entre prétention et condamnation !
Depuis quelques jours, une rumeur persistante enflamme la toile et une partie de la presse : le Cameroun aurait été définitivement condamné par un tribunal international à verser la somme astronomique de 250 milliards de FCFA, entre pretention de Piccini et la condamnation de quoi s’ agit il ??
Il convient de le dire d’emblée avec clarté : cette information est fausse. Aucune juridiction arbitrale n’a encore prononcé une telle sentence exécutoire contre l’État du Cameroun.
La réalité juridique est tout autre. Ce montant de 250 milliards de FCFA correspond aux prétentions financières et indemnités réclamées par le groupe italien Gruppo Piccini, ancien prestataire dont le contrat a été résilié en 2019. Saisi dans le cadre d’une procédure d’arbitrage international notamment devant le CIRDI, l’ex-constructeur formule des exigences maximalistes. Mais une prétention unilatérale dans un prétoire ne constitue en rien un jugement définitif. Le dossier contentieux suit son cours, et la défense camerounaise fait valoir ses arguments avec fermeté.
Le début de l’ Affaire
Attribué à l’origine pour un montant de 163 milliards de FCFA, le projet du complexe sportif d’Olembé devait être la vitrine de la CAN Cameroun 2021. Pourtant, malgré le versement de 113 milliards de FCFA de fonds publics, le chantier s’est rapidement enlisé dans des retards répétés et insoutenables au vu des délais, une sous-traitance opaque et des manquements contractuels caractérisés. Face à cette défaillance flagrante, le gouvernement a prononcé la résiliation du contrat en novembre 2019.
Cependant, la gestion de ce projet s’est transformée en un véritable gouffre financier. Après l’éviction de Piccini en 2019, l’État du Cameroun a signé en 2020 un contrat d’achèvement de 55 milliards de FCFA avec l’entreprise canadienne Magil Construction. Sur ce montant, le gouvernement indique avoir effectivement versé 42 milliards de FCFA à Magil (dont 38 milliards issus d’un prêt de la Standard Chartered Bank) avant la résiliation de leur convention. Ce total porté à 155 milliards de FCFA n’a pourtant pas permis de terminer le complexe : sur l’enveloppe initiale prévue, il ne reste désormais que près de 8 milliards de FCFA. L’ONIES a donc récemment annoncé la reprise des travaux d’achèvement et d’entretien en régie directe, confiée à une entreprise privée.
Le complexe d’Olembé comme « l’Immeuble de la Mort »
Le destin de ce joyau architectural ne s’arrêtera pas au chapitre des querelles juridiques. Le gouvernement a pris le taureau par les cornes en confiant la gestion et le parachèvement des infrastructures sportives à l’ Office National des Infrastructures et Équipements Sportifs (ONIES). Avec une feuille de route claire, l’ONIES s’attelle méthodiquement à lever les contraintes techniques et à achever les ouvrages annexes pour faire de ce complexe la fierté nationale voulue par le Président de la République, Paul Biya.
L’histoire urbaine du Cameroun rappelle que les grands projets connaissent parfois des trajectoires mouvementées. Chacun se souvient de la célèbre ossature abandonnée au cœur de Yaoundé, longtemps surnommée « l’Immeuble de la mort ». Après des années d’incertitudes et de faux pas, la volonté politique l’a transformée en l’actuel **Immeuble Émergence**, fierté du paysage administratif de la capitale.
Il en ira de même pour Olembé. Loin des spéculations alarmistes et des condamnations imaginaires, le Cameroun surmontera les écueils contentieux et offrira à sa jeunesse le somptueux complexe sportif qu’elle mérite.
Simon Metsengue




