
Remaniement : discrétionnaire, distraction ?
Une semaine de plus sans remaniement ministériel, et la presse comme une partie de l’opinion trépignent. Mais quelle serait l’utilité d’un tel jeu de chaises musicales à seulement quelques semaines de la convocation du corps électoral pour les législatives et les municipales , scrutin décisif qui dessinera la carte politique des sept prochaines années ?
Depuis des mois, le pays vit dans une attente fiévreuse. Spéculations, pronostics et rumeurs tenaces captivent l’opinion. Les yeux rivés sur l’ horloge dans l’espoir du fameux communiqué de 17 heures, le landerneau politique s’épuise en conjectures, réduisant un acte républicain majeur à un vaudeville d’incertitudes.
Face à cette frénésie, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) recadre le débat. Dans un éditorial sans détour signé par Christophe Mien Zok (directeur des organes de presse, de l’information et de la propagande du Comité central) et visé au mot près par le directeur de publication Jean Nkuété, le parti au pouvoir met les points sur les i.
L’éditorial salue d’abord le bon déroulement de la rentrée scolaire 2026-2027 sur l’ensemble du territoire, y compris dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, rappelant que l’école doit rester un sanctuaire préservé des violences et du chantage politique. Sur le plan militant, le RDPC précise qu’il n’a pas fait de « rentrée », n’ayant jamais pris de vacances : ses troupes sont restées mobilisées pour l’ inscription sur les listes électorales et la préparation des échéances à venir. Surtout, le parti balaie ces manœuvres de distraction et rappelle un principe constitutionnel intangible : la nomination des ministres relève du pouvoir discrétionnaire exclusif du chef de l’État. Qualifiant au passage de simples soubresauts internes les récentes démissions au sein du MRC, le RDPC ferme la porte au bruit ambiant.
Première force politique du pays, le RDPC refuse de se laisser aspirer par ce tourbillon de spéculations stériles. L’heure n’est pas aux calculs d’appareils, mais à l’action. Pour mener sa politique, le parti doit impérativement préserver sa majorité confortable au Parlement et dans les conseils municipaux.
Changement de gouvernement ou non, le RDPC et son président national n’ignorent rien de cette réalité : seul le peuple camerounais, souverain, détient la clé d’un pouvoir légitime, garant d’un développement harmonieux et de la réussite de la SND30. L’urgence est donc exclusivement électorale.
Trêve de fantasmes sur le « 17 heures » ! Que les ministres en poste mouillent le maillot jusqu’au bout. Députés, maires et membres du gouvernement sont les premiers ambassadeurs du RDPC auprès des électeurs mais ils peuvent aussi, par leurs erreurs, devenir ses pires fardeaux. Discipline, présence sur le terrain et traque du moindre dérapage : seule la victoire compte.
Simon Metsengue




