
PÉNURIE DE GAZ DOMESTIQUE : Gouvernement sur feu de l’ action !
Alors qu’une pénurie perturbe le marché depuis quelques semaines, le déchargement d’un navire butanier arrivé mardi dernier au port de Douala devrait apporter un premier soulagement aux ménages.
Face à la grogne des consommateurs et à l’interpellation de la Ligue camerounaise des consommateurs (LCC), le Gouvernement sort du silence et déroule son plan d’urgence.
D’après les informations officielles relayées ce jeudi 17 septembre par Cameroon Tribune* et confirmées par le MINCOMMERCE, la SCDP et la CSPH, la crise actuelle n’est pas un échec, mais la conséquence d’une conjonction de facteurs structurels en cours de correction.
Deux causes officielles, un constat sur le terrain :
1. La fin d’un cycle de production locale :Le navire-usine norvégien *Hilli Episeyo* a quitté Kribi le 6 juillet 2026 après huit ans d’exploitation, son gisement de 600 milliards de pieds cubes étant épuisé. Comme une bouteille sur trois provenaient de ce site, la production de Bipaga (30 000 tonnes/an) ne suffit plus à compenser l’écart. Le Cameroun importe désormais près de 80 % de son gaz.
2. La crise de la SCTM : Marque historique détenant 38 % des parts de marché, la SCTM est paralysée depuis juin par des arriérés de paiement envers ses fournisseurs importateurs (Tradex, SCDP). Incapable d’enlever ses volumes à Bonabéri, l’entreprise a provoqué un report brutal de la demande vers d’autres marques, qui peinent elles aussi à suivre le rythme.
Les mesures annoncées par le Gouvernement
Réfutant les accusations d’imprévoyance formulées par la LCC, l’État affirme avoir anticipé la situation :
Un butanier à quai : Un premier navire est arrivé mardi au port de Douala et poursuit son déchargement, confirmant l’annonce de *Cameroon Tribune* qui titrait ce jour « Approvisionnements en vue ». Un second butanier est attendu cette semaine.
* **60 000 tonnes importées en urgence :** Un appel d’offres international a été lancé le 1ᵉʳ septembre par la Commission ad hoc CIPP à la CSPH pour l’importation de 60 000 tonnes de GPL (réparties en deux lots de 35 000 et 25 000 tonnes). Ce volume, équivalant à près de cinq mois d’importations (soit 4,8 millions de bouteilles de 12,5 kg), représente un coût estimé à 22,4 milliards FCFA. L’ouverture des plis a eu lieu le 8 septembre à Yaoundé.
* **La CSPH en médiatrice :** Sur instruction du ministre de l’Eau et de l’Énergie, la Caisse de Stabilisation a engagé des concertations entre la SCTM et ses créanciers afin de régler les arriérés de paiement, débloquer les enlèvements et préserver les emplois.
* **Le maintien de la subvention :** L’État rappelle qu’il subventionne chaque bouteille à hauteur de 4 500 FCFA. Sans ce mécanisme de stabilisation, qui représente un effort public annuel de plus de 70 milliards FCFA pour protéger le pouvoir d’achat, la bouteille de 12,5 kg passerait de 6 500 FCFA à 11 000 FCFA.
* **La modernisation du hub de Bonabéri :** Afin de prévenir de futures crises, la SCDP investit 11,65 milliards FCFA dans l’extension du site de Bonabéri. La capacité du terminal est déjà passée de 2 500 à 3 500 tonnes, et la construction d’une nouvelle sphère (S8) de 1 000 tonnes permettra de porter la capacité totale à 5 500 tonnes. Une station de chargement ferroviaire permettant de traiter six wagons simultanément vers Yaoundé et Bélabo est également prévue.
Selon le Gouvernement, l’objectif est d’importer 240 000 tonnes par an afin de sécuriser l’approvisionnement du marché jusqu’à la reprise de la production locale.
La LCC reste vigilante
Bien que le Gouvernement annonce un retour progressif à la normale, la Ligue camerounaise des consommateurs (LCC), dirigée par Delor Magellan Kamseu Kamdem qui dénonçait le 15 septembre 2026 « un déficit d’anticipation » , attend des actes concrets sur le terrain. L’organisation exige la publication quotidienne des stocks disponibles et la prise de sanctions fermes contre la spéculation, qui fait grimper le prix de la bouteille entre 12 000 et 13 000 FCFA dans certains quartiers.
Larissa LIKENG




