Églisiens et Hiboux : le bal hideux des sorciers!

Églisiens et Hiboux : le bal hideux des sorciers!

Alors que le complexe d’Olembe piétine et s’enfonce dans les litiges, le binôme toxique Églisiens-Hiboux continue de diviser l’opinion. Radiographie d’un affrontement stérile qui gâche les rares victoires de la Nation et épuise un peuple en quête d’espérance.

Au Cameroun, la passion du football et la fierté nationale ont cédé la place à une guerre d’usure numérique et médiatique, orchestrée par un duo d’une toxicité sans précédent. D’un côté, les « Hiboux » ; de l’autre, les « Églisiens ». Deux camps irréconciliables qui ont pris en otage la communication globale du pays, transformant le moindre événement en une foire d’empoigne hideuse et nauséabonde. Rien ne semble plus arrêter ce bal des sorciers qui fait aujourd’hui du Cameroun la risée du monde.

Une fierté devenue une risée 

L’actualité autour du complexe sportif d’Olembe en est le triste miroir. Joyau architectural doté d’un stade de 60 000 places, de deux terrains d’entraînement modernes, d’un héliport, d’un hôtel d’une soixante-dizaine de chambres et d’espaces commerciaux, cet équipement aurait dû célébrer la grandeur retrouvée de la Nation. Il est aujourd’hui piétiné, réduit au statut de serpent de mer administratif. Lourde d’une condamnation de 50 milliards de FCFA suite aux résiliations de contrats avec Piccini et Magil, l’affaire alimente un incendie que les Églisiens attisent à cœur joie. Pour eux, le coupable est tout trouvé : le ministère des Sports et sa hiérarchie. Plutôt que d’interroger la stratégie de défense bancale devant les tribunaux internationaux ou de chercher des voies d’achèvement pour le bassin olympique, on préfère la gesticulation et l’invective.

Match nul 

Pour équilibrer cette mascarade, les Hiboux répliquent aussitôt en exhumant les dossiers de gestion financière de la Fédération, pointant des chiffres vertigineux autour des recettes des matchs amicaux. « Scandale ! » : le mot est martelé sur les réseaux sociaux comme une messe noire quotidienne. La population, abasourdie, boit cette amertume à longueur de journée, comme une quinine administrée de force à un nourrisson.

Les populations ont besoin de respirer 

Cette confiscation permanente du débat public détruit le bien le plus précieux d’un peuple : son espérance. Comment mobiliser les citoyens derrière la construction nationale quand la moindre étincelle de joie est aussitôt étouffée ? Le sacre récent des Lionnes Indomptables en offre la preuve accablante. Une querelle de clocher sur le protocole de présentation du trophée — devant le MINSEP ou au Palais — a suffi à rallumer la braise, alimentée par des dérapages individuels aussitôt instrumentalisés. Même les moments sacrés s’évaporent dans cette haine méthodique.

Qui sifflera la fin du match ? Qui délivrera l’opinion camerounaise de cette hydre à deux têtes ? Un remaniement gouvernemental, un audit exhaustif sur l’organisation de la CAN et la gestion du COVID-19, ou une enquête rigoureuse sur les finances des équipes nationales suffiront-ils à ramener le calme ? Il y a urgence. De grâce, laissez respirer cette population qui, malgré les difficultés, continue de se battre dignement pour maintenir le Cameroun debout.

Simon Metsengue

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