Routes au Cameroun : la loi des saisons !

Routes au Cameroun : la loi des saisons !

Les populations ont les nerfs à fleur de peau dans la partie méridionale ces dernières semaines de pluie. Quelqu’un doit porter le chapeau, et Emmanuel Nganou Djoumessi fait figure d’agneau sacrificiel. Entre-temps, les intempéries tiennent les engins de BTP en respect, impuissants face aux souffrances des usagers.

Au Cameroun, la météo dicte la cadence du développement des infrastructures. Alors que le Sud s’englue sous des averses diluviennes, le Septentrion profite d’un soleil généreux pour accélérer le rythme des chantiers.
Dans la partie méridionale, les pluies torrentielles agissent comme un frein d’arrêt d’urgence. Bien que salvatrices pour les récoltes et l’agriculture locale, ces précipitations sont le pire ennemi du génie civil : l’eau devient un catalyseur d’érosion, détrempe les assises, affouille les accotements et dégrade prématurément les couches de roulement. Sur le terrain, plusieurs axes majeurs piétinent. La boucle de la Lékié, le réseau stratégique Yaoundé – Douala – Bafoussam ou encore le tronçon Ebolowa – Akom II – Kribi et autres voient leur activité tourner au ralenti.

Face à ces contraintes environnementales, les entreprises engagées s’adaptent et opèrent en régie en attendant la fin des pluies. C’est le cas dans la Lékié, du côté d’Evodoula : l’entreprise Arab Contractors mène depuis le 5 octobre des interventions d’urgence au PK 48 pour stabiliser la chaussée au moyen de substitutions de sols par des matériaux rocheux. Mobilisées jour et nuit pour éliminer les points critiques et maintenir le trafic entre les PK 3 et PK 4 (remblais et couche de fondation), les équipes colmatent les brèches dans l’attente d’un calendrier de reprise globale.

Changement radical de décor dans le Grand Nord. Dans le Septentrion, le soleil réchauffe les carrosseries et les travaux se poursuivent à une vitesse remarquable. Sur l’axe Ngaoundéré – Bas de la Falaise de Mbé, l’installation du concasseur est effective, tandis qu’entre le Bas de la Falaise et le pont de Kéroua, la préfabrication des buses et dalots avance à grands pas.

Plus au Nord encore, les indicateurs sont au vert : sur la N12 (Magada – Guidiguis), les terrassements touchent presque à leur terme, et sur la N1 (Moutourwa – Maroua), les travaux de chaussée évoluent sans accroc.

Cette fracture géographique de la viabilité routière rappelle une vérité structurelle : en matière d’infrastructures, la planification technique demeure tributaire du calendrier de la nature.

Simon Metsengue 

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