Vins et whiskies frelatés : les affres de l’industrie de la mort !

Vins et whiskies frelatés : les affres de l’industrie de la mort !

Dans les échoppes informelles et les débits de boissons des villes comme des campagnes, une menace mortelle s’écoule en toute impunité. Entre éthanol bas de gamme, méthanol toxique et impuissance des contrôles, plongée au cœur d’un scandale de santé publique qui empoisonne la jeunesse.

Au Cameroun, la contrefaçon de boissons alcoolisées a franchi le seuil du simple délit économique : elle s’est structurée en une véritable **industrie de la mort de masse**. Dans les marchés urbains comme dans les quartiers populaires, des sachets en plastique et des bouteilles usagées de grandes marques inondent les étals. À l’intérieur : un cocktail dévastateur d’alcool frelaté, fabriqué à partir d’éthanol de mauvaise qualité, de méthanol et d’arômes artificiels.

Bien loin de la définition légale du whisky, une eau-de-vie issue de la distillation de céréales et vieillie en fût —, ce poison bon marché cible de plein fouet la jeunesse camerounaise. Pour quelques pièces de monnaie, des milliers de jeunes consomment sans le savoir des solvants toxiques. Les conséquences médicales sont foudroyantes : intoxications aiguës, cécité irréversible, destructions hépatiques et décès prématurés. Pendant que des familles pleurent leurs enfants, des promoteurs sans foi ni loi s’enrichissent dans l’ombre.

La gangrène de la corruption et le silence coupable

Comment ces substances mortelles, souvent issues de réseaux clandestins ou importées des pays voisins et d’Asie, circulent-elles si librement ? La réponse réside dans la porosité des contrôles , la complicité passive de certains agents publics et l’ inaction des syndicats des consommateurs. Pour une poignée de pots-de-vin, des contrôleurs ferment les yeux, abdiquant leur mission première : **protéger les citoyens**. Ce dysfonctionnement du dispositif sécuritaire et moral abandonne la population aux mains des marchands de poison.

« Un produit contrefait n’est pas une simple imitation marchande : c’est une arme chimique braquée sur la santé de nos enfants », rappelle le Pr Rose Ngono Mballa, Directrice Générale du LANACOME.

LANACOME : Le bouclier sanitaire prêt à l’action

Pourtant, le Cameroun dispose d’une arme institutionnelle majeure pour faire barrage à ce carnage. Le **LANACOME** (*Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments et d’Expertise*), référence scientifique en Afrique centrale, est doté de technologies de pointe (analyses spectroscopiques, chromatographiques et microbiologiques) capables de traquer la moindre non-conformité.

Mais pour que ce bouclier fonctionne pleinement, l’État doit imposer une  tolérance zéro :

Un contrôle préalable obligatoire : aucun lot de boissons ou de médicaments ne doit atteindre le marché sans la certification du LANACOME.
* **Une répression exemplaire :** les forces de l’ordre, la douane et les services d’inspection doivent démanteler sans complaisance les ateliers clandestins et punir sévèrement les trafiquants.
*Un assainissement des circuits : fermer les débits informels qui distribuent ces alcools tueurs.

L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action ferme. Face à cette hécatombe silencieuse, le réveil des consciences et la rigueur de la loi restent les seuls ultimes remparts.

Simon Metsengue

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