
Cameroun : Quand le culte de l’outrage menace le vivre-ensemble !
Entre injures gratuites, mépris des aînés et lynchage tribal, la haine identitaire menace l’unité nationale. Décryptage d’un procédé pervers qui cherche à détruire les repères de la République sous couvert de combat politique.
Une dérive éthique et républicaine dans l’espace public
Le Cameroun traverse une crise éthique d’une gravité inédite. Une dérive morale s’est installée dans l’espace public, caractérisée par l’injure facile, le mépris des aînés et une stigmatisation identitaire décomplexée. Des individus sans foi ni loi, recrutés parfois jusque dans le clergé de l’Église catholique, s’en prennent avec une violence inouïe à de hautes figures de la République, pour le seul crime de leur âge et de leur appartenance sociologique.
Les hauts responsables beti d’un âge avancé, nommés au mérite et à l’ expérience dans le respect du critère de l’équilibre régional, sont aujourd’hui qualifiés de « tribu des vieux au pouvoir ». Ils se retrouvent ciblés par des milices d’opinion aux méthodes ethnofascistes, qui méprisent totalement le principe républicain et la valeur ancestrale du respect dû à la vieillesse.
Des grands serviteurs de l’État livrés à la vindicte
Pourtant, ces hommes d’un grand âge ont sacrifié la quasi-totalité de leur existence au service de l’État :
Paul Biya, Chef de l’État, totalise plus de 80 ans au service de son pays. Il continue de se battre avec les forces que Dieu lui donne, guidé par le sens du devoir. Son œuvre et ses innombrables réalisations sur tous les plans – consignées dans des ouvrages et des documentaires tels que « Paul Biya, un grand homme d’État au destin prodigieux » – témoignent d’un engagement patriotique sans faille.
Feu Clément Atangana, dont l’âme vient d’être confiée à Dieu, aura consacré plus de six décennies à la Nation. Grand magistrat, Président du Conseil constitutionnel et serviteur loyal de la justice, il a incarné jusqu’à son dernier souffle l’élévation morale et la dignité institutionnelle.
Martin Mbarga Nguele, le DGSN, a profondément modernisé la Police nationale. En rendant les concours fiables et accessibles aux couches les plus défavorisées, il a restauré l’équité. Aujourd’hui, alors qu’il a lui-même ordonné une enquête rigoureuse sur le détournement de carburant à la DGSN, des mercenaires tribalistes traînent son image et sa famille dans la boue sans attendre les conclusions de la justice.
Le mythe de la stigmatisation tribale de la corruption
Depuis plusieurs décennies, une narration fallacieuse voudrait que seules les hautes personnalités beti volent et soient corrompues. Pourtant, la réalité est aux antipodes de cette construction virtuelle, incendiaire et ostentatoire. La corruption et la malversation n’ont rien à voir avec la tribu : elles relèvent de l’éducation et de l’environnement social, qui impactent chaque individu coupable ou comptable de ces actes ignobles.
Il est temps de dénoncer avec fermeté ce procédé pervers qui vise à détruire ceux qui servent encore d’exemples et de repères à la jeunesse. La gangrène de la corruption et des détournements de deniers publics touche toutes les communautés camerounaises sans exception, avec une amplitude inquiétante. Faire porter le chapeau à un seul groupe sociologique relève de la manipulation politique la plus abjecte.
Un homme averti….
Le peuple Beti, qui couvre trois régions au Cameroun et s’étend sur cinq pays de la zone CEMAC, a tenu à rappeler ses vérités par la voix de ses Premières Nations il y a quelques jours, à la suite de la disparition du Président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana. S’il est un peuple fondamentalement accueillant, tolérant et pacifique, il n’est nullement naïf. Conscient de son rôle clé dans la marche du Cameroun vers son émergence, il ne saurait tolérer plus longtemps que son honorabilité et celle de ses élites soient piétinées par des milices haineuses d’un autre âge. Le peuple beti ne mandate pas ses enfants pour traîner dans la boue les personnalités issues d’autres régions au nom d’une prétendue supériorité imaginaire.
Cette dérive doit impérativement cesser. Avis à ceux qui en sont les commanditaires.
Simon Metsengue




