Débats TV du dimanche : Interdit au moins de 35 ans!

Débats TV du dimanche : Interdit au moins de 35 ans!

Entre buzz dominical, invectives et querelles d’égos, les plateaux télévisés camerounais ont transformé le débat public en foire au scandale. En occultant les réussites du pays au profit du sulfureux et de l’apocalypse, ce spectacle permanent sacrifie l’information constructive et prive la jeunesse de repères essentiels.

Chaque dimanche, le rendez-vous est pris sur les plateaux de télévision camerounais. De *Club d’Élites* sur Vision 4 à *Droit de Réponse* sur Équinoxe TV, en passant par *7HEBDO* sur STV, *Canal Presse* sur Canal 2 ou *Libre Expression* sur Info TV — sans oublier la panoplie de nouvelles chaînes toutes aussi importantes —, le rituel est bien rodé : punchlines aiguisées, petites phrases assassines et révélations spectaculaires. Sur la Toile, les extraits s’arrachent à coups de milliers de clics.

Une foire aux scandales et aux invectives

Pourtant, sous le vernis du spectacle démocratique, ces grandes messes dominicales distillent un venin insidieux. Entre attaques *ad hominem* remettant en cause le statut de légende de Samuel Eto’o, lectures ouvertement communautaristes de l’élection de Tiriane Noah au MRC, remises en question directes de la maturité des femmes en politique, théories révisionnistes sur la crise dans le NOSO ou incantations saugrenues sur la nomination du nouveau président du Conseil constitutionnel, l’espace médiatique s’est transformé, cette fin de semaine encore, en une arène de scandales permanents.

Le grand oubli des réussites nationales

Ce phénomène d’hyper-médiatisation des querelles d’égo et des petites phrases dénigre méthodiquement le Cameroun. Il donne à voir une nation fracturée et bloquée, où l’invective a remplacé l’analyse. Un pan entier de l’actualité constructive du pays se retrouve délibérément occulté : les réussites entrepreneuriales, la résilience économique illustrée cette semaine par la visite du Premier ministre Joseph Dion Ngute sur le chantier d’une industrie pharmaceutique à Yaoundé, ou encore les grands projets d’infrastructures. C’est également le cas de la circulaire du Président Paul Biya mettant l’accent sur l’achèvement des grands travaux (notamment l’autoroute Yaoundé-Douala et la construction de barrages comme celui de Kikot) ainsi que sur l’innovation culturelle.

À qui profite la culture du chaos ?

À qui profite cette strategy de dénigrement ? Les promoteurs de télévision sont-ils libres de tout faire ? Peut-être bien, surtout si cela génère les revenus nécessaires pour régler leurs charges, ou si ceux qui tirent les ficelles derrière ces groupes de médias se satisfont du tort causé au Cameroun.

Ce système profite assurément aux chaînes en quête de buzz facile, ainsi qu’aux acteurs politiques qui préfèrent la polarisation tribale ou partisane au débat de fond. En alimentant l’idée que « rien ne va au Cameroun », cette communication du chaos entretient le ressentiment et la résignation, tout en détournant l’attention des véritables enjeux structurels.

La première victime de ce traitement à charge reste la jeunesse camerounaise. En quête de repères et d’opportunités dans un monde complexe, elle se voit systématiquement privée de débats inspirants et d’idées concrètes pour bâtir son avenir.

Défaillance de l’État et comparaison avec l’étranger

L’État est au banc des accusés. Lui qui a abandonné ce grand pan du développement aux mains de commerçants sans foi ni loi, préférant se contenter d’une régulation punitive (*CNC*) ou de la passivité (*Observatoire des Médias au MINCOM*). Aux antipodes de ces comportements blâmables, les médias français ont fait bloc avec la République face aux émeutes du week-end. Ils n’ont laissé aucune chance aux semeurs de troubles : *Jeune Afrique*, *France 24*, tout comme *TF1*, *TV5*, *Le Monde*, *Le Figaro*, *Le Parisien* et d’autres ont, comme une seule rédaction, rejeté le chaos. Une telle situation au Cameroun aurait donné lieu à des titres incendiaires et à charge contre la République.

Pour un journalisme responsable et un sursaut patriotique

Les médias audiovisuels gagneraient pourtant à adopter une démarche dialectique plus équilibrée, à l’image du journalisme quotidien : réserver une place aux trains qui arrivent en retard, mais éclairer tout autant ceux qui arrivent à l’heure ; offrir des pistes de solution au lieu de donner du spectacle. Il est temps de sortir du sensationnalisme dominical pour redonner au débat télévisé sa vocation première : éclairer le citoyen, inspirer la jeunesse et servir la nation. Vivement un office de médias privés au Cameroun et l’avènement d’un *Patriotic Act*.

Simon Metsengue

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