
Cameroon Business Forum : sur les sentiers de la compétitivité et de l’industrialisation !
Du 22 au 23 octobre 2026, Douala, capitale économique du Cameroun, redevient le cœur battant du dialogue public-privé. Six ans après une 11ᵉ édition tenue en octobre 2019 à Yaoundé, le Cameroon Business Forum (CBF) signe son grand retour sous la présidence effective du Premier ministre, Joseph Dion Ngute. Plus qu’un simple rendez-vous institutionnel, cette 12ᵉ session doit s’imposer comme la boussole stratégique de la relance industrielle et de la compétitivité nationale.
Un bilan contrasté au crible des réalités socio-économiques
Ce retour du CBF survient après six années de parenthèse émaillées de chocs exogènes majeurs : contrecoups de la crise sanitaire du Covid-19, tensions géopolitiques mondiales et flambée inflationniste. Dans ce contexte exigeant, l’évaluation de la feuille de route de 2019 révèle des avancées réelles, mais encore bridées par de lourdes pesanteurs structurelles.
Fiscalité et douanes :la dématérialisation a franchi un cap. La généralisation des télédéclarations et du paiement en ligne a fluidifié les rapports entre l’administration et les contribuables. Pour autant, le secteur privé continue de subir une pression fiscale asphyxiante pour les PME, doublée d’anciennes tracasseries administratives.
Création d’entreprises et urbanisme :la réduction théorique des délais via les guichets uniques se heurte toujours au mur de la bureaucratie foncière et aux lenteurs de délivrance des permis de construire.
Commerce extérieur : si le Port Autonome de Douala a modernisé ses équipements, la fluidité des corridors de transit reste paralysée par la prolifération des points de contrôle informels.
Climat des affaires : malgré les professions de foi sur l’amélioration de l’environnement des affaires, l’apurement de la dette intérieure demeure le véritable nerf de la guerre pour oxygéner la trésorerie exsangue du tissu entrepreneurial local.
Les enjeux de la 12ᵉ édition : cap sur la SND30
Au-delà du diagnostic, les assises de Douala doivent engager un tournant. L’enjeu central consiste à arrimer sans détour les recommandations du CBF aux ambitions de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), axée sur la transformation structurelle de l’économie et l’import-substitution.
Pour bâtir une industrie conquérante, le Forum devra apporter des réponses tranchées à trois défis capitaux :
1. L’accès prioritaire au financement et au foncier industriel, condition *sine qua non pour transformer localement nos matières premières (cacao, bois, coton).
2. Le redressement de l’offre énergétique, facteur premier de compétitivité des usines.
3. L’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), formidable tremplin pour faire du Cameroun le hub industriel incontournable de l’Afrique centrale.
En réengageant un dialogue franc, pragmatique et sans complaisance, l’État et le secteur privé scellent un pacte décisif : convertir les blocages d’hier en levier de souveraineté économique. Vivement le scellement de ce pacte républicain autour de l’idéal national !
Simon Metsengue




