
Réseau routier : à la polémique, l’action!
Octobre 2026 appartient désormais au passé, mais il laisse derrière lui son lot de débats et d’interrogations sur l’état de nos routes. Quel regard porter sur ces tronçons jugés préoccupants ?
Le mois d’octobre s’achève sur un bilan contrasté, marqué par une forte agitation médiatique et des conditions climatiques particulièrement rudes. Dans la zone méridionale du Cameroun, soumise à de fortes pluies, comme à travers les dix régions du pays, le ministère des Travaux publics (MINTP) n’a pas connu de répit. Face aux mécontentements des usagers et aux interpellations de la presse, le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi a opposé une seule réponse valable : l’action méthodique et la présence sur le terrain. Une dynamique où la réalité des chantiers côtoie de lourds défis financiers.
L’Extrême-Nord et le Centre en chantier : la rigueur pour seule réponse
Dans l’Extrême-Nord, le rythme des travaux est devenu un impératif catégoriel. Le 30 octobre, une évaluation *in situ* a permis de sommer l’entreprise SOTCOCOG SA de parachever la section Mora-Tchakamari, où le bitume recouvre désormais la quasi-totalité du linéaire, à l’exception d’un ultime kilomètre. Une dynamique similaire s’observe sur la Route nationale n° 1 (Tchakamari-Waza et Waza-Zigagué), où le MINTP exige la multiplication des fronts de travail. Cette avancée profite de la saison sèche, bien que menée sous forte escorte sécuritaire.
La circulation sur le tronçon Douala-Edéa (RN3) s’est améliorée. À la suite de la forte dégradation de la voirie et des nids-de-poule qui ralentissaient le trafic, des travaux d’urgence de colmatage et de maintien de la circulation ont été menés pour résorber les points critiques. Le rythme « au pas de course » s’est atténué, même si la vigilance reste de mise quant à la durabilité des réparations sous l’effet du trafic lourd.
Dans le département de la Lékié, en dépit d’un mois pluvieux, les interventions se poursuivent. Après le rétablissement de la circulation sur les sections 1 et 2, l’entreprise Arab Contractors est mobilisée sur la section 3 (Ekekam-Monatélé), procédant notamment au remblaiement autour des dalots. De même, sur l’axe Ebolowa-Akom II-Kribi, les équipes d’ICM avancent activement entre installation des bases-vie, études géotechniques et recensement des 1 768 personnes impactées sur 135 kilomètres, balisant ainsi la voie à une intensification imminente des travaux.
Performance physique et équation financière : le grand contraste
Pourtant, cette frénésie opérationnelle masque une réalité budgétaire complexe. Évaluée à 61,7 % le 22 octobre à Yaoundé, la performance physique des chantiers du MINTP cohabite paradoxalement avec 57 projets menacés d’abandon et des décomptes bloqués. En cause : un décaissement limité à 26 milliards de FCFA sur les 251 milliards attendus. Entre des entreprises qui bitument à crédit et des objectifs de kilométrage ambitieux, le décalage saute aux yeux.
Alors que certains observateurs spéculent sur l’avenir à la faveur d’un éventuel remaniement ministériel, le MINTP et ses équipes affichent une posture de résilience institutionnelle : accomplir la mission avec rigueur jusqu’à la dernière seconde, en opposant aux polémiques la force des faits et une présence constante sur le terrain.
**Simon Metsengue**




