
SANTÉ PUBLIQUE : Un bouclier gratuit contre le cancer du col de l’utérus !
L’Association Franco-Camerounaise pour la Santé de la Mère et de l’Enfant (AFCASAME) réunit ce mardi 3 novembre 2026 la presse à l’Hôtel Concord International de Yaoundé. Entre urgence sanitaire et espoir, l’organisation lance sa deuxième campagne de dépistage gratuit tout en célébrant vingt années d’un combat acharné. Un rendez-vous décisif pour briser le silence et sauver des milliers de femmes.
Deuxième pathologie cancéreuse la plus fréquente et la plus meurtrière chez la femme au Cameroun, après le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus continue de foudroyer dans une indifférence coupable. Chaque année, les registres de GLOBOCAN dressent un bilan implacable et tragique : le pays enregistre entre 2 525 et 2 770 nouveaux cas et déplore près de 1 837 décès, soit une incidence alarmante de 33,1 pour 100 000 femmes.
La cruauté de cette maladie réside principalement dans la tardiveté de son diagnostic. La grande majorité des patientes ne consultent qu’à des stades déjà avancés au-delà du stade II , anéantissant les chances de guérison et assombrissant dramatiquement le pronostic vital. À cette réalité s’ajoute le sur-risque intolérable pesant sur les femmes vivant avec le VIH, dont la vulnérabilité face aux lésions précancéreuses est multipliée par près de quatre.
Coûts, tabous et murs thérapeutiques : l’urgence d’agir
Pourtant, ce fléau demeure l’une des rares pathologies évitables et guérissables à condition d’être dépistée à temps. Mais le chemin de la guérison reste un parcours du combattant. Malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics, l’examen de dépistage reste financièrement inaccessible pour les populations rurales et les foyers vulnérables. Plus grave encore, sur le plan des soins curatifs, l’accès à la radiothérapie, à la chimiothérapie et aux antalgiques majeurs, tels que la morphine, demeure dramatiquement restreint.
À ces barrières structurelles s’ajoutent des pesanteurs socioculturelles destructrices : la méconnaissance profonde de la pathologie, la trop faible implication des hommes et les rumeurs infondées qui freinent la vaccination contre le Papillomavirus humain (HPV), pourtant salvatrice.
La riposte : Vingt ans de résistance et l’étendard du salut
C’est pour briser ce cercle vicieux que l’AFCASAME, portée par la vision inébranlable de ses fondatrices le Dr Clarisse Kingué Ekollo et le Dr Ernestine Gwet Bell, monte résolument au créneau. Fidèle à l’objectif mondial d’élimination à l’horizon 2030 qui fixe la barre à 90 % de jeunes filles vaccinées, 70 % de femmes dépistées et 90 % de cas pris en charge —, l’association anime ce jour dès 13 h 00 une conférence de presse capitale, portée par Mme Véronique Lehman, membre et communicatrice de l’organisation.
Cet événement marque le coup d’envoi officiel de la 2ᵉ Campagne de Dépistage Gratuit, qui se tiendra du 5 au 13 novembre 2026 à Douala, Dibombari et Nkongsamba. Conduite en partenariat avec le Collège de Gynécologie – France et placée sous le haut parrainage du Maire de la Ville de Douala, cette vaste offensive sanitaire mobilisera des équipes médicales au cœur de structures clés (Hôpitaux Laquintinie, Bonassama, Yassa, Polyclinique Odyssée, etc.). Des sessions de formation destinées aux infirmiers anesthésistes ainsi qu’une marche sportive de sensibilisation viendront s’ajouter à ce dispositif d’envergure.
Un sursaut populaire vital
L’apogée de cette commémoration des vingt ans d’engagement de l’AFCASAME se tiendra le 13 novembre à l’occasion d’un Dîner de Gala caritatif au Krystal Palace.
Mais l’heure n’est plus seulement à la commémoration : l’appel impératif est lancé. Le cancer du col de l’utérus n’est pas une fatalité. Femmes, époux, frères et familles, levez-vous ! Répondez massivement à cet appel dès le 5 novembre en vous rendant dans les centres pour effectuer ce dépistage gratuit.
Un geste simple, rapide, mais d’une puissance absolue : celui qui protège la vie et sauve des mères.
Simon Metsengue




