Autoroute Yaoundé-Douala : Nganou Djoumessi ordonne le passage en force !

Autoroute Yaoundé-Douala : Nganou Djoumessi ordonne le passage en force !

 

Entre lourdes contraintes administratives, grogne des populations et retards de livraison de carburant, le MINTP accélère les indemnisations et somme CFHEC d’ accélérer les travaux.

La situation est sous tension dans la poursuite des travaux de construction de la phase 2 de l’ autoroute.

État des lieux

Le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel NGANOU DJOUMESSI, a présidé ce 10 juin 2026 une réunion consacrée à l’évaluation du plan d’action stratégique relatif à l’exécution des travaux de déforestage de la deuxième phase de l’autoroute Yaoundé-Douala. Cette rencontre visait à apprécier l’état d’avancement des activités engagées sur le terrain et à définir les mesures susceptibles d’accélérer la mise en œuvre du projet. Trois axes majeurs ont été définis: l’évaluation des travaux déjà réalisés; l’identification des contraintes entravant l’exécution du chantier et la définition de solutions opérationnelles pour garantir la poursuite harmonieuse des activités. Pour ce qui est de l’ avancement des travaux, l’ entreprise adjudicataire, CFHEC, se déploie sur le site depuis le 24 mars 2026. À ce jour, elle a achevé les opérations de déforestage sur le tronçon compris entre les PK 92+400 et 99+580, soit une distance totale de 7,18 km. Par ailleurs, les opérations de collecte des données topographiques ont été menées à terme sur la section allant du PK 94+600 au PK 99+580. Sur la base des études d’avant-projet détaillé, l’entreprise a également soumis des propositions complémentaires relatives à la réalisation d’essais géotechniques destinés à affiner les paramètres techniques du projet

Les difficultés

Au cours des travaux, plusieurs contraintes ont été relevées. L’entreprise a notamment évoqué l’impact de la forte pluviométrie enregistrée dans la zone du projet, la présence d’un site sacré aux environs du PK 95+000, dont l’accès est contesté par certaines communautés riveraines, ainsi que les difficultés liées à l’approvisionnement en carburant, consécutives à la lenteur des livraisons assurées par une société locale de la place. À ces obstacles s’ajoutent les incursions récurrentes de populations riveraines sur l’emprise du chantier pour récupérer les arbres déjà abattus, une situation susceptible de compromettre la sécurité des opérations. L’entreprise a également signalé des contraintes administratives et financières, notamment l’absence de soumission du rapport de conformité au Comité National de la Dette Publique (CNDP), ainsi que les retards observés dans le règlement des décomptes relatifs à plusieurs projets exécutés par la même entreprise. Dans d’ autres tronçons du pays qui selon CFHEC, seraient nécessaires pour assurer le préfinancement et la continuité des travaux de la phase 2 de l’autoroute.

Face à ces difficultés, des mesures correctives ont été arrêtées. Il a notamment été demandé de renforcer l’accompagnement technique de l’entreprise par le LABOGENIE afin de faciliter la poursuite des travaux de déforestage. Le processus d’indemnisation des populations affectées sera également accéléré, tout comme les procédures administratives relatives au règlement des décomptes en attente également.

Pour rappel,

la deuxième phase de l’autoroute Yaoundé-Douala couvre un linéaire de 141 km, du PK 60+400 au PK 201+500. Le projet intègre également la construction de trois bretelles stratégiques, notamment Édéa-Est, Édéa-Ouest et Douala-Est, d’une longueur totale d’environ 27 km. La largeur de la plateforme est de 26,5 m. Ces infrastructures sont destinées à améliorer la connectivité et la fluidité du trafic dans cette zone à forte activité économique.

L, exigence de l’ ingénieur de l” État

Au terme de cette réunion, le Ministre des Travaux Publics a instruit l’entreprise à CFHEC de reprendre sans délai les opérations de déforestage et de procéder à la libération progressive de l’emprise sur l’ensemble du linéaire concerné. Cette exigence traduit la volonté du Gouvernement de maintenir la dynamique de réalisation de ce projet structurant, considéré comme un levier majeur de modernisation des infrastructures routières nationales et de renforcement de l’intégration économique entre les villes de Yaoundé et Douala.

” ma détermination à vous servir demeure intacte”

Au-delà des chantiers interminables, des avenants budgétaires et des frustrations légitimes des usagers, une réalité s’impose : le tracé progresse. Malgré les retards accumulés et les défis titanesques du relief équatorial, l’obstination politique semble l’emporter. Le Gouvernement camerounais aura, envers et contre tout, son autoroute. Reste à savoir à quel prix, et surtout, quand le corridor économique le plus attendu d’Afrique centrale sera enfin pleinement opérationnel

Simon Metsengue

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