
Énergie/Départ du Hilli Episeyo : pas de panique !
Le départ annoncé de l’unité flottante de liquéfaction de gaz naturel (FLNG) Hilli Episeyo, au large de Kribi, suscite une vague d’inquiétude au sein des ménages camerounais. Après deux hausses consécutives des prix du carburant à la pompe, le Chef de l’État avait expressément préservé le gaz domestique afin de protéger le pouvoir d’achat. Aujourd’hui, face à ce mouvement logistique, certains redoutent des pénuries ou une augmentation des prix. Pourtant, la situation est sous contrôle et ne prête pas à la panique.
Un cap transitoire parfaitement maîtrisé
Le Hilli Episeyo n’est pas un simple navire de passage : depuis 2018, il représente un pilier de l’autonomie gazière du pays en convertissant le gaz naturel en Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL) pour les ménages, couvrant ainsi 20 % de la demande nationale. Son départ crée un vide temporaire dans la production locale, mais le Cameroun dispose de leviers solides pour garantir la continuité de l’approvisionnement à travers une stratégie claire en deux volets :
- La flexibilité des importations : Pour combler ce déficit sans aucune transition douloureuse pour les ménages, l’État s’appuie avec efficacité sur une augmentation temporaire des importations de gaz, qui représentent déjà plus de 75 % de la demande locale. Les canaux d’approvisionnement sont fluides et opérationnels.
- L’optimisation des infrastructures terrestres : Bien que les centres de traitement et de stockage terrestres notamment le site de Lipaga (21 % de la production) ne disposent pas encore de la capacité autonome suffisante pour compenser immédiatement cette absence, le recours stratégique au marché international garantit le maintien des bouteilles pleines dans les cuisines.
Un mal pour un bien : l’accélération de la souveraineté énergétique
Loin d’être une fatalité, le départ du Hilli Episeyo agit comme un véritable accélérateur de destin. Il s’agit d’une opportunité historique qui pousse le gouvernement à accélérer la construction d’infrastructures nationales d’envergure et à intensifier l’exploitation des gisements terrestres du pays. Les chantiers de souveraineté sont déjà identifiés :
- Le projet Yoyo & Yolanda : Ce gisement transfrontalier hautement stratégique, situé à la frontière avec la Guinée Équatoriale, recèle un potentiel immense estimé à plusieurs billions de pieds cubes de gaz. Sa mise en valeur rapide est désormais érigée en priorité absolue pour sceller l’autonomie du pays.
- Le potentiel sédimentaire du Grand-Nord : Les bassins du Logone-Birni recèlent des ressources encore sous-exploitées qui constituent de formidables relais de croissance pour l’avenir énergétique de la nation.
Discipline collective et cap vers l’avenir
L’État veille rigoureusement au grain pour amortir ce pivot logistique. Toutefois, la réussite de cette transition repose sur un effort partagé. Le départ du Hilli Episeyo ne plongera pas le Cameroun dans l’obscurité ; il agit simplement comme un révélateur des chantiers qui reste à consolider.
Du côté des autorités, la transition vers « l’après-Hilli » devra donc faire l’objet d’une gestion logistique et financière ultra-rigoureuse afin de préserver totalement le pouvoir d’achat des populations. Du côté des citoyens, la panique n’a pas sa place. Les spéculations et les achats compulsifs sont les seuls réels dangers. C’est par la discipline de consommation et le civisme que les populations franchiront collectivement ce cap vers un Cameroun plus fort et énergétiquement souverain.
Comme le rappelait si opportunément le président Paul Biya, le 10 février 2017 : « Quand les Camerounais sont unis et solidaires, rien ne peut les dépasser. » Un conseil précieux, plus que jamais d’actualité.
Simon Metsengue




