L’Église catholique au Cameroun : ces “voyous en soutane” qui flagellent la foi !

L’Église catholique au Cameroun : ces “voyous en soutane” qui flagellent la foi !

C’est dans un contexte marqué par l’annonce d’une opération au poumon du Saint-Père que des propos attribués au prêtre catholique Étienne Bakaba sur la disparition du Président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana, remettent au goût du jour la question de la sacralité du clergé catholique. Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Un rempart moral en pleine crise de confiance

Au Cameroun, l’Église catholique romaine a longtemps incarné la conscience morale de la nation, formant un rempart éthique face aux vicissitudes politiques et sociales. Mais aujourd’hui, le vernis de la sainteté se craquelle. Entre dérives langagières, politisation à outrance et scandales étouffés, le clergé traverse une crise de confiance sans précédent auprès du « Peuple de Dieu ».

L’affaire Bakaba : la dérive d’une soutane sur les réseaux sociaux

Le dernier épisode en date illustre dramatiquement ce glissement. À la suite du décès de Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel, des publications virales attribuées à l’abbé Étienne Bakaba (du diocèse de Douala) ont provoqué une vague d’indignation. En détournant avec ironie le mot « Irrecevable », assorti d’émojis de célébration et en raillant le « mandat des grandes disparitions », ce prêtre s’est livré à des railleries politiques indignes de la charité chrétienne.

L’onde de choc a été telle que Mgr Jean Mbarga, archevêque de Yaoundé, est sorti de sa réserve lors des obsèques d’un confrère pour réclamer publiquement à l’archevêque de Douala des sanctions canoniques. Pour la hiérarchie de la capitale, la sacralité de la mort et le respect dû aux défunts ont été bafoués.

Quand les bergers deviennent des prophètes de malheur

Malheureusement, l’affaire Bakaba n’est que l’arbre qui cache une forêt d’ égarements. L’on se souvient encore des sorties fracassantes de l’évêque de Yagoua, invoquant publiquement le Diable et jetant des malédictions sur le Cameroun. Comment des bergers censés apporter la bénédiction et la paix du Christ peuvent-ils se muer en prophètes de malheur et raviver ainsi les fractures nationales ?

De la vocation mystique à la recherche de sécurité matérielle

Au-delà de cette irresponsabilité verbale, la gangrène est plus profonde. Dans une société éprouvée par la précarité et le chômage massif des jeunes, l’engagement sacerdotal subit lui aussi les assauts d’un pragmatisme dévoyé : la recherche d’un emploi et la quête de sécurité matérielle étouffent et tuent progressivement la vocation authentique au sein du clergé.

Pour bon nombre d’ aspirants, le séminaire et le presbytère ne sont plus perçus comme le lieu d’un don de soi inconditionnel et d’un appel mystique au service de Dieu et des hommes, mais comme un plan de carrière, un garant de prestige social ou un moyen d’échapper à la misère. Cette déshumanisation spirituelle de l’engagement sacerdotal transforme le berger en un simple fonctionnaire du culte, guidé par l’intérêt personnel plutôt que par la ferveur évangélique.

Déchéance morale et désertion des fidèles

Dès lors, affairisme, débauche de mœurs, opacité financière et quête effrénée de notoriété sur les réseaux sociaux rongent les sacristies. En abdiquant leur rôle fondamental — la formation intégrale de l’homme selon les enseignements de Jésus-Christ —, certains ministres du culte ont transformé l’autel en tribune partisane ou en comptoir d’affaires.

Face à cette faillite spirituelle et à l’omertà de la hiérarchie, le désenchantement des fidèles est total. Privés de repères moraux dans leur propre paroisse, beaucoup cherchent refuge dans les Églises dites de Réveil, en quête d’une écoute et d’une ferveur que le clergé catholique semble avoir perdues.

L’urgence d’un assainissement spirituel et institutionnel

Si l’Église catholique veut préserver son statut historique de creuset de la morale et retrouver la confiance des croyants, elle ne peut plus fermer les yeux. L’heure de l’assainissement a sonné : la hiérarchie épiscopale doit sortir de sa complaisance et se débarrasser sans ménagement des ripoux et de ces « voyous en soutane » qui déshonorent l’Évangile.

Bon rétablissement au Saint-Père !

Simon Metsengue

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