Routes / N3 :  Défis d’ un tronçon hypertrophié!

Routes / N3 : Défis d’ un tronçon hypertrophié!

L’axe de 235 km kilomètres reliant la capitale économique à Yaoundé enregistre d’importants ralentissements en cette saison des pluies. Si les récentes interventions d’urgence à la Dibamba ont temporairement fluidifié le trafic, les usagers et transporteurs appellent à un traitement structurel de cet itinéraire stratégique.

Sur la Nationale 3, corridor reliant le port de Douala à l’intérieur du pays et aux pays voisins, le temps de parcours de 65 kilomètres entre Douala et Édéa s’est nettement allongé ces derniers mois, atteignant parfois plusieurs heures aux pics de congestion. La dégradation du revêtement et la densité du trafic de marchandises pèsent sur l’activité des transporteurs, des commerçants et des usagers interurbains.

Cumul de facteurs climatiques et structurels

La dégradation prématurée de ce tronçon s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs :

– L’intensité pluviométrique : les fortes précipitations accélèrent l’érosion d’un revêtement routier déjà ancien.
– La charge du trafic :le passage continu de poids lourds exerçant une forte pression sur l’asphalte.
– L’assainissement :le colmatage régulier des caniveaux par la boue et les résidus empêche le drainage efficace des eaux de ruissellement.

Interventions d’urgence à la Dibamba

Face à l’engorgement du point critique du PK 211 (station Total Dibamba), le ministère des Travaux publics a prescrit mi-septembre des mesures conservatoires à l’entreprise China First Highway Engineering Company (CFHEC).

Ces travaux ont permis de rétablir une circulation plus fluide grâce à :

– La mise en place d’une équipe de veille sur site ;
– La pose de pavés autobloquants sur les zones les plus dégradées ;
– Le curage ponctuel des ouvrages d’évacuation d’eau.

La question du traitement à long terme

Bien que ces opérations ciblées aient réduit la congestion immédiate, les acteurs du secteur du transport soulignent la fragilité de ces corrections en période d’intempéries.

Pour sécuriser durablement la circulation sur cet axe vital en attendant l’aboutissement du projet d’autoroute, les intervenants du secteur préconisent une réhabilitation globale du tronçon : réfection des couches de chaussée en profondeur, bitumage adapté et restructuration complète du réseau d’assainissement. Le ministère des Travaux publics prévoit pour sa part d’engager des travaux plus structurants dès la fin de la saison des pluies.

Simon Metsengue

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