Sosucam : retour aux sources !

Sosucam : retour aux sources !

Cession avortée, montage opaque et velléités de départ : en voulant se séparer de la Sosucam au profit d’un fonds fantoche, Somdiaa oublie ses racines. Si le groupe français veut plier bagage, l’histoire et la souveraineté nationale imposent qu’il laisse les rênes à l’État du Cameroun, son partenaire historique depuis 1965.

L’affaire de la cession avortée de la Société Sucrière du Cameroun (Sosucam) par le groupe Somdia met en lumière les failles béantes d’une gestion qui s’éloigne des pactes fondateurs. La découverte d’un consortium fantoche, porté par une coquille vide immatriculée à Abu Dhabi à la veille de sa présentation officielle, frôle le scandale. Ce stratagème grossier, orchestré pour imposer un repreneur sans assise financière ni transparence, démontre l’urgence absolue pour les pouvoirs publics de recadrer les ambitions du partenaire français.

Car l’histoire de la Sosucam ne s’est pas écrite dans les sphères de la spéculation financière internationale, mais bien au cœur des terres camerounaises. En juin 1965, le jeune État indépendant fait face à un défi stratégique majeur : assurer son autosuffisance en sucre et structurer son économie agricole. C’est dans ce contexte que naît la Sosucam, le 8 juin 1965, fruit d’un partenariat pionnier unissant l’État du Cameroun et le groupe français Somdiaa.

Ensemble, les deux partenaires historiques implantent la première grande agro-industrie sucrière du pays à Mbandjock, dans la vallée du fleuve Nyong. Les débuts exigent des efforts titanesques : défricher des milliers d’hectares de savane, aménager des réseaux d’irrigation, bâtir une usine de pointe et créer des cités ouvrières. Cette genèse a forgé un pôle de développement rural inédit qui incarne aujourd’hui un pôle fondamental de notre économie, un pourvoyeur majeur d’emplois dans la région du Centre et le garant de notre indépendance sucrière.

Le respect du pacte historique : céder la place à l’État

Face aux manœuvres de coulisses et au forcing inacceptable du PDG de Somdia, Olivier Parent, l’État camerounais a frôlé la catastrophe. Heureusement, la vigilance du Premier ministre, le Dr Joseph Dion Ngute, a permis d’éventer cette supercherie.

Au départ de cette aventure industrielle, il y avait deux acteurs indissociables : **Somdiaa et l’État du Cameroun**. Aujourd’hui, si le groupe français souhaite se retirer et rentrer chez lui en France, la logique historique, industrielle et morale exige qu’il ne brade pas cet héritage à des acteurs extérieurs opaques. **Si Somdiaa veut plier bagage, il doit restituer et céder la Sosucam à l’autre partenaire historique, qui n’est autre que l’État du Cameroun.**

La reprise des rênes par les pouvoirs publics, à travers des structures solides et souveraines, apparaît dès lors comme la seule alternative crédible et pérenne. En replaçant la gestion de la canne à sucre dans le giron national, le Cameroun s’assurera de stopper net la prédation économique, de préserver le pouvoir d’achat des citoyens et de sécuriser la pérennité de l’outil de production.

Il est temps de tourner la page des errances et de rendre au peuple camerounais ce qui, depuis 1965, s’est bâti sur sa terre et avec sa sueur. Le gouvernement doit franchir le pas décisif : reprendre le contrôle total de la Sosucam.

Simon Metsengue

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