
TRIBUNE / Regard sur les débats du dimanche (Édition 2): Fabrique d’une crise sur mesure !
Dans le sillage du premier acte — où l’on déplorait le glissement destructeur « Du savoir au vacarme » —, le spectacle cathodique dominical franchit un nouveau cap alarmant. Il ne s’agit plus simplement d’un déficit d’élévation intellectuelle, mais d’une véritable ingénierie de la déstabilisation.
Pendant que la cacophonie des réseaux sociaux et de certains médias s’épuise à susciter de sombres tempêtes virtuelles — en distillant le poison d’un prétendu « vide » au sommet de l’État —, la réalité des faits s’impose avec force : l’appareil étatique poursuit sa marche avec une totale fermeté. Promotions militaires, accords financiers majeurs avec la BID ou la Deutsche Bank, nominations stratégiques à la SNH ou au Conseil supérieur de la magistrature… Tout démontre que, si le Chef de l’État est en déplacement, le souverain gouverne, arbitre et veille sans faillir.
Mais cette vérité factuelle est sciemment étouffée sur les plateaux. La crise n’a rien de spontané : elle est préméditée. Le principal champ de bataille demeure la communication, où des réseaux d’intérêts agissent par panélistes interposés pour inoculer insidieusement le doute dans la conscience collective.
Le choix des intervenants interpelle et inquiète. Il viole ouvertement l’orthodoxie technique et l’éthique du débat public. D’un côté, certains acteurs transforment l’antenne en tribune nombriliste. Convoquant de prétendues entrées dans « l’invisible » du pouvoir et égrenant des anecdotes d’alcôve républicaine, ils ravalent le débat politique à des querelles d’égos et à une théâtralisation personnelle. On n’y analyse plus les politiques publiques : on s’y donne en spectacle.
De l’autre, la rhétorique du mépris s’impose dangereusement. Des figures médiatiques dépeignent un pouvoir aux abois ou accusent cyniquement les défenseurs des institutions de relativiser la souffrance populaire. Pire encore, un constat intolérable s’impose : les grands débats politiques se tiennent désormais à l’écart des représentants légitimes des grandes formations politiques (RDPC, UNDP, FSNC, SDF, PCRN, UDC, etc.) — ces partis qui détiennent pourtant seuls la véritable légitimité issue des urnes.
En dépeignant sans relâche le sommet de l’État comme un désert d’isolement et l’action publique comme un drame permanent, ces discours instillent méthodiquement l’illusion d’un pays au bord du gouffre.
Cette stratégie de pilonnage vise des cibles vitales. Pour imposer le mirage d’une crise systémique, il s’agit d’abattre les piliers de la République. En ciblant des positions névralgiques bénéficiant de la confiance directe du Chef de l’État, les commanditaires de l’ombre espèrent ébranler l’ensemble de l’architecture républicaine.
En somme, en abandonnant la parole à des partisans du sarcasme et de la manipulation au détriment de la vérité, ces médias se font sciemment les relais d’une guerre d’usure toxique. Qu’ils ne s’y trompent pas : le peuple camerounais, mûr et conscient de la solidité de ses institutions, observe ces gesticulations avec discernement. Face à ces entreprises de déstabilisation orchestrées, la mise en garde est claire et l’exigence absolue : un retour immédiat à la rigueur, à la pédagogie et au respect sacré de la vérité institutionnelle.
Simon Metsengue




