
Cameroun : Moïse en train de descendre de la montagne !
Alors que les rumeurs autour du séjour du chef de l’État à l’étranger embrasent les réseaux sociaux, la scène politique camerounaise rejoue l’épisode biblique du Sinaï. Entre prophètes du malheur, « Jeune Afrique » et ses mensonges, les fabricants de faux décrets et fausses hospitalisations, retour sur une hystérie virtuelle qui risque de finir en amère indigestion pour les apprentis sorciers du Web.
Comme Moïse, monté sur le mont Sinaï pour aller chercher les Tables de la Loi, Paul Biya est à l’étranger depuis quelques semaines. Il n’en fallait pas plus pour que quelques agitateurs, main dans la main avec les ennemis de la République, s’empressent de répandre la rumeur : « Ce Moïse a été dévoré par une bête sauvage ! Il n’en reste pas même une sandale ! » Mais que fera-t-il donc à sa descente ?
Le scénario du livre de l’Exode se répète.
Moïse s’étant retiré pour se ressourcer sur la montagne, certains conspirateurs, profitant du vide spirituel et de l’angoisse des Israélites, ont poussé le peuple à renoncer à sa foi. Beaucoup ont choisi d’autres dieux. C’est ainsi qu’ils ont fait fondre les bijoux de la foule pour fabriquer un rutilant Veau d’or. « Voilà votre vrai chef ! Adorez-le ! », s’égosillaient-ils. La suite, on la connaît : le prophète est redescendu, bien vivant, les tables sous le bras, et a fait passer un sale quart d’heure aux adorateurs de la sculpture dorée.
L’ histoire de répète
Plusieurs milliers d’années plus tard, l’Histoire repasse les plats, mais cette fois au pays du kpem sans sel. Un séjour d’une cinquantaine de jours du chef de l’État à l’étranger ? La « Sinaï-sphère » de Facebook, X, WhatsApp et TikTok s’enflamme immédiatement. De Yaoundé à la diaspora, les autoproclamés prophètes du malheur, nécro-blogueurs et autres « influenceurs » du numérique entonnent aussitôt le même refrain ancestral : « Il a été dévoré ! Le pouvoir est vacant ! »
Comme sous le Sinaï
Le départ prolongé de Paul Biya sert de prétexte à l’industrie du chaos pour ériger de nouveaux « Veaux d’or » politiques. Sur les réseaux sociaux, véritable épicentre de cette manipulation de masse, chacun promeut ses nouvelles divinités : faux décrets, fausse hospitalisation décrétée par Jeune Afrique et, pour faire plus « vrai », recours à des images générées par l’IA. Les scoops de couloir et les pronostics macabres sont bombardés sur la Toile. Pour ces pyromanes du virtuel, peu importe la vérité : l’essentiel est d’occuper le vide et d’entraîner le peuple camerounais dans le culte des idoles de la désinformation.
Ces apostats et idolâtres modernes
Certains Camerounais agissent exactement comme les apostats du temps de Moïse, abandonnant la foi prônée par le guide pour se tourner vers le Veau d’or. Ils scandent et souhaitent ouvertement la disparition de l’homme du 6 novembre, le choix d’un peuple souverain et maître de son destin. « Si ce n’est le matin, ce sera le soir », répètent ces agités.
Seulement voilà : à la descente de la montagne, Moïse a brûlé le Veau d’or, l’a réduit en poudre, l’a dispersée à la surface de l’eau et a forcé les Israélites à la boire. Une belle manière de leur faire ingérer l’objet de leur propre péché, témoigne l’Exode. Au Cameroun, les « nés avant la honte », fidèles à eux-mêmes, rentreront sagement dans leur coquille pour attendre la prochaine occasion d’aboyer.
Le peuple camerounais n’est pas dupe
Les Camerounais ne sauraient tomber dans le piège de la panique collective que ces apprentis fondeurs d’or tentent de vendre à l’opinion publique à travers des écrans de smartphone. De la même façon que les Israélites auraient dû garder leur calme au pied de la montagne au lieu d’offrir leurs plus belles bagues pour une statue sans âme, les Camerounais ne doivent sous aucun prétexte céder aux sirènes des fake news et des spéculations mortifères.
Tout comme le mont Sinaï, l’Occident aussi a ses mystères. Paul Biya arrive ; les fabricants de Veaux d’or n’ont pour l’heure qu’à continuer leur agitation derrière leurs écrans et smartphones. La réalité finit toujours par redescendre de la montagne. Bon à savoir, c’ est Josué qui avait été désigné directement par Dieu pour prendre la relève de Moïse à la tête du peuple et Aoron a si fort opportunément conclue Cathy Meba, dans son ouvrage ” *40 ans et s’ il était Moïse ?* La vérité se trouve dans les livres.
Simon Metsengue




