Réputation du Cameroun : Alerte générale dans le cyberespace!

Réputation du Cameroun : Alerte générale dans le cyberespace!

Pendant que la guerre de l’information rebat quotidiennement les cartes de l’opinion publique à coups d’infox et de fake news de nombreuses institutions publiques s’enlisent dans un archaïsme communicationnel moyenâgeux. Radiographie d’une réputation nationale gravement menacée.

L’opinion publique subit un bombardement toxique permanent. Désorientés, submergés par la haine et le mensonge, les citoyens ne savent plus qui croire. Pas un jour ne passe sans qu’un scandale inventé de toutes pièces ne devienne viral. Face à cet incendie, la réponse étatique frise l’impuissance : un communiqué laconique publié ici, une conférence de presse organisée là… Des voix étouffées, balayées en quelques minutes par la virulence des *chantres du chaos* et des apôtres du « tout noir ».

Quelques constats

– Communication publique publique et l’incapacité à appréhender le temps réel.

– lourdeurs administratives rétrogrades :
Les circuits de validation imposent des délais de réaction de plusieurs jours là où une infox détruit une réputation en quelques secondes.

–  La guerre des communiqués déphasés :
Publier des démentis froids et rigides échoue face à un public en quête d’empathie et d’interactivité.

– Une posture passive :
On attend l’incendie au lieu de détecter les signaux faibles, laissant le champ libre aux rumeurs virales.

L’asymétrie du combat :
l’agilité du cyber-saboteur face à la lourdeur de l’État

Tout compte fait , le champ de bataille est profondément déséquilibré. Un « cyber-menteur » opère avec des moyens dérisoires : une courte vidéo, un montage trompeur ou une déclaration incendiaire suffisent à ébranler la confiance nationale.

En face, l’État engouffre des moyens financiers colossaux dans la presse écrite ou les JT de 20 heures. Une stratégie totalement inefficace. Le public qui absorbe la fausse information sur TikTok, WhatsApp ou Facebook ne lit plus les journaux et ne regarde plus la télévision. Inonder les médias traditionnels pour éteindre un incendie numérique est une illusion tragique.

L’obligation de s’adapter : ceux qui ont pris le virage

Face au danger, certaines structures ont fort heureusement ajusté leur doctrine pour investir le terrain cybernétique avec rigueur et agilité :

La Présidence de la République : elle a Modernisé son image à travers des outils adaptés, un site web réactif et une couverture multicanale en temps réel.

Le Ministère de la Défense (MINDEF) : Pionnier de la riposte, il neutralise la désinformation sur le terrain opérationnel en publiant immédiatement des faits vérifiables.

Le Ministère de la Santé Publique (MINSANTE) & le LANACOME :** Riposte proactive sur les réseaux sociaux contre les rumeurs vaccinales, les faux médicaments et les urgences sanitaires.

Le Ministère des Travaux Publics (MINTP) & le Ministère des Arts et de la Culture (MINAC) :** Valorisation continue des chantiers et du patrimoine pour devancer la critique.

La DGSN & CAMWATER : Proximité directe avec les usagers pour signaler les fraudes, expliquer les coupures d’eau et traiter rapidement les requêtes citoyennes. Et bien d’autres.

Sur la scène politique, la mutation est tout aussi vitale : 

Dès 2017, le RDPC a doté sa Direction des Organes de Presse, de l’Information et de la Propagande (DOPIP) d’une rédaction cybernétique opérationnelle 24h/24. De leur côté, des formations comme le MRC ou le PCRN ont fait du cyberespace le cœur battant de leur stratégie politique.

L’urgence absolue : pivoter ou s’effondrer

Les chiffres imposent un constat sans appel : les plateformes numériques sont désormais la première source d’information et d’influence pour plus de 70 % de la population.

Pour extirper le pays de cet enlisement réputationnel, l’administration publique doit opérer un basculement stratégique et financier sans délai vers le Web. Il ne s’agit plus seulement d’y publier des avis, mais de **penser « cyber »** pour préserver la crédibilité et la dignité des institutions.

La guerre moderne est avant tout une guerre de l’information, et son théâtre d’opérations principal est le cyberespace. Il y a urgence vitale à s’adapter.

Simon Metsengue

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