
COBAC vs CDEC : Sursaut souverain face aux verrous de la finance coloniale
Le conflit rampant entre la Caisse de Dépôts et de Consignations du Cameroun (CDEC) et la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) n’est pas une simple querelle de technocrates. C’est le théâtre d’une guerre économique larvée où se joue l’indépendance financière du pays.
Une réforme initiée par la Cobac pour encadrer les caisses de dépôt de la CEMAC crée une vive opposition de la part de la Caisse de Consignation et de dépôt du Cameroun. Dans ce bras de fer réglementaire, l’institution camerounaise rejette fermement toute tentative de soumission à la supervision du régulateur régional. La position de la CDEC est limpide : elle n’est pas une banque commerciale, mais un établissement public à statut spécifique, gérant des deniers publics sous mandat légal. Les fonds qu’elle centralise (consignations administratives, judiciaires ou avoirs en déshérence) proviennent de décisions réglementaires et non de l’épargne publique. L’application des normes prudentielles bancaires classiques y est donc totalement inadaptée. En invoquant la hiérarchie des normes et la souveraineté économique, la CDEC, soutenue par les autorités de Yaoundé, défend son autonomie pour affecter ces ressources au financement à long terme du pays. Face à elle, la COBAC s’obstine à assimiler ces activités à des opérations bancaires ordinaires.
Une démarche suspecte
En tentant de confiner la CDEC au statut réducteur de simple banque commerciale, la COBAC se comporte en bras armé d’un ordre financier obsolète. Ce forcing trahit une volonté de diluer la force de frappe de la CDEC afin de maintenir l’économie camerounaise sous la perfusion d’importations massives, au détriment du développement local. Un énième verrou extérieur destiné à paralyser l’essor national.
Deux poids, deux mesures : l’hypocrisie du modèle
Cette démarche du président Paul Biya de doter le Cameroun d’une caisse de dépôts n’a pourtant rien d’une anomalie. Le Trésor français utilise historiquement les fonds de la CDC française pour financer ses infrastructures majeures, ses logements sociaux et ses projets structurants. Pourquoi ce mécanisme, vertueux à Paris, deviendrait-il illégitime à Yaoundé ? L’attitude de la COBAC, qui tente d’interdire au Cameroun d’appliquer les recettes souveraines du pays , s’apparente à une tentative d’asphyxie programmée du tissu entrepreneurial du Cameroun.
L’entrepreneuriat jeune pris en otage
Les premières victimes de ce blocage sont les jeunes porteurs de projets. Leurs initiatives subissent le filtrage drastique des banques commerciales traditionnelles, soumis à des arbitrages discriminatoires et à des taux d’intérêt prohibitifs. Pourtant, la CDEC a précisément pour vocation de rééquilibrer la donne. En captant l’épargne longue, elle est la seule institution capable de booster durablement l’entrepreneuriat local et de briser le plafond de verre imposé par la finance classique.
L’urgence d’un sursaut national
Face à ce qui s’apparente à un sabotage économique, il est urgent que Yaoundé tape du poing sur la table. Le Cameroun ne peut plus laisser des instances de régulation externalisées dicter le rythme de son émergence et brider ses ambitions.
Le salut viendra d’une détermination sans faille pour arracher l’indépendance économique du pays et imposer enfin la primauté de la souveraineté camerounaise. La CDEC doit être l’instrument de cette libération, marquant la fin d’une époque coloniale où le développement du Cameroun restait indexé sur des intérêts extérieurs. Le temps de l’autonomie financière a sonné.
Simon Metsengue




