Diplômés de l’enseignement supérieur : Quittez les plateaux, gagnez les laboratoires!

Diplômés de l’enseignement supérieur : Quittez les plateaux, gagnez les laboratoires!

Le paysage médiatique national offre quotidiennement le spectacle d’une élite académique surreprésentée dans le débat public. Professeurs certifiés, maîtres de conférences et docteurs multiplient les interventions télévisées. Pourtant, un constat s’impose : face à l’abondance des titres universitaires, le nombre de brevets déposés et d’inventions concrètes transformant le quotidien des populations reste particulièrement faible.

Une partie de cette intelligentsia concentre son énergie sur les plateaux de télévision et les réseaux sociaux. Le débat d’idées y cède trop souvent la place à la joute verbale, à la dénigrement systématique des institutions ou aux tensions identitaires. Les titres académiques servent alors de caution intellectuelle à des invectives qui n’apportent aucune solution aux défis économiques et sociaux du pays. La maîtrise des savoirs théoriques ne trouve pas son prolongement dans la création de valeur concrète.

Pourtant, d’autres trajectoires démontrent qu’une alternative existe. Des figures de l’innovation technologique africaine ont choisi d’éloigner leurs travaux des polémiques médiatiques pour se consacrer entièrement à la recherche et au développement :

Dr Arthur Zang: Inventeur du Cardiopad, la première tablette médicale à usage clinique fabriquée en Afrique, permettant d’effectuer des examens électrocardiographiques en zone rurale.

William Elong : Fondateur de la structure Drone Africa, pionnier dans l’assemblage et la cartographie par dits drones au niveau local.

Ces initiatives rappellent la vocation première des chercheurs : mettre la science et la technique au service du développement matériel de la société. L’urgence économique impose aujourd’hui d’orienter l’expertise universitaire vers les laboratoires, le dépôt de brevets et l’incubation d’entreprises innovantes. La reconnaissance scientifique ne saurait mesurer son impact au volume des interventions médiatiques, mais bien à la capacité d’adapter le savoir aux besoins industriels et sanitaires du continent.

Simon Metsengue

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