
Gaz domestique : les défis de l’ après “Hilli Episeyo” !
Alors que le Ministère de l’Eau et de l’Énergie renforce le cadre réglementaire auprès des distributeurs, le secteur du gaz domestique fait face à un réajustement d’approvisionnement majeur. Le départ du navire-usine “Hilli Episeyo” consécutif au déclin naturel du gisement de Sanaga Sud, accroît temporairement la dépendance aux importations. Entre contraintes logistiques, réorganisation des acteurs majeurs et spéculation sur les prix, analyse des leviers de stabilisation du marché, où le développement de nouveaux gisements par la SNH constitue la principale perspective à moyen terme.
Après plusieurs phases de concertation, les autorités administratives fixent de nouvelles règles de fonctionnement. Dans une circulaire datée du 23 septembre 2026, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, rappelle l’obligation de rigueur financière pour les marketers, le respect des quotas d’approvisionnement et l’exigence de détenir au moins 10 000 bouteilles pour conserver l’agrément. L’objectif affiché est de restructurer le marché et d’assurer une meilleure fluidité de la distribution.
Une reconfiguration de la production offshore
Ce recentrage intervient dans un contexte de mutation des infrastructures navales. La fin de contrat du navire-usine *Hilli Episeyo* (FLNG) et le départ de celui-ci des eaux de Kribi en août 2026 découlent de la baisse de rendement du gisement sous-marin de Sanaga Sud. Ce navire assurait une production locale d’environ 30 000 tonnes de GPL par an, couvrant près du tiers de la consommation nationale.
Pour compenser ce volume, le taux de couverture par les importations atteint désormais près de 80 %, ce qui implique des ajustements opérationnels sur l’ensemble de la chaîne :
La situation financière du leader du secteur : Confrontée à des impayés évalués à 4 milliards de FCFA envers Tradex et la SCDP, la SCTM (qui représente environ 38 % du marché) a vu ses capacités opérationnelles réduites, entraînant un report de la demande vers d’autres distributeurs du marché.
Les exigences logistiques portuaires :L’accroissement des flux d’importation sollicite davantage les infrastructures d’accueil au port de Douala/Bonabéri. Les délais d’escales et de contrôles douaniers deviennent ainsi des variables clés pour éviter tout décalage d’approvisionnement dans les dépôts régionaux. La régulation des prix sur le marché final : La crispation sur la disponibilité des bouteilles favorise la rétention de stocks et l’émergence de circuits parallèles. Conséquence directe pour le consommateur : la bouteille de 12,5 kg, dont le prix public homologué reste fixé à 6 500 FCFA, subit par endroits des surcoûts non réglementés.
La gestion du budget des ménages
Cette pression sur le gaz de ménage intervient dans un contexte énergétique mondial et local qui sollicite le pouvoir d’achat. L’arrêt de l’activité de raffinage de la SONARA à Limbé en 2019 ayant déjà orienté le pays vers l’importation de produits finis, la maîtrise du coût des énergies de cuisson demeure un enjeu prioritaire pour l’équilibre financier des foyers.
Les perspectives de développement de la SNH
Au-delà des contrôles administratifs visant à réguler le marché à court terme, la réponse structurelle repose sur l’augmentation des capacités d’extraction locales. La Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) étudie le développement de nouveaux gisements, notamment dans le bassin de Douala/Kribi-Campo. La concrétisation de ces projets d’exploration et de production permettra de restaurer un ancrage national fort, de diminuer la facture des importations de GPL et de pérenniser l’offre auprès des consommateurs.
Simon Metsengue




