Décentralisation : Quand la mémoire transcende la politique !

Décentralisation : Quand la mémoire transcende la politique !

Une convention de collaboration a été signée ce 6 août 2026 entre le ministre Bidoung Kpwatt et Sylvain Moïse Tjock, maire PCRN d’Éséka, concernant la gestion et la valorisation de la stèle mémorielle de la ville. Retour sur les temps forts de la cérémonie.

Le 6 août 2026 marque un tournant décisif pour la gestion de la stèle d’Éséka. La signature, dans la salle des convivialités du Musée national de Yaoundé, de la convention de collaboration entre le ministère des Arts et de la Culture (MINAC) et la commune d’Éséka concernant la gestion et la promotion de la stèle commémorative d’Éséka apporte une preuve éclatante du dynamisme de la décentralisation dans le secteur des arts et de la culture.

Au-delà de la préservation de la mémoire, cet événement vient balayer un préjugé tenace de la scène politique camerounaise : l’idée reçue selon laquelle le gouvernement refuserait de collaborer avec les municipalités dirigées par l’opposition. En concrétisant ce partenariat stratégique avec la mairie d’Éséka, le pouvoir central démontre que l’intérêt général et la sauvegarde de la mémoire collective priment sur les clivages partisans.

Dans son discours de circonstance, le ministre des Arts et de la Culture, Bidoung Kpwatt, a rappelé avec fermeté la portée institutionnelle de cette démarche :

« La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui ne relève pas de la simple formalité protocolaire, mais participe de la matérialisation de la volonté de l’État central de transférer certaines compétences aux collectivités territoriales décentralisées. »

En insistant sur le fait que la stèle, construite sur hautes instructions du Président Paul Biya après la tragédie ferroviaire du 21 octobre 2016, est « un symbole national de mémoire, de recueillement et de résilience », le MINAC consacre le rôle pivot de la municipalité dans la valorisation du patrimoine local.

Du côté municipal, le maire d’Éséka a salué une avancée majeure pour sa collectivité. Prenant la parole devant un parterre de personnalités, il a souligné :

« La validation de cette convention par le ministère des Arts et de la Culture marque l’aboutissement d’un long cheminement administratif et institutionnel, mais surtout le début d’une nouvelle étape pour la gestion durable de ce patrimoine. »

Exprimant la profonde gratitude des populations d’Éséka, l’édile a affirmé l’engagement solennel de sa commune à œuvrer avec rigueur et transparence pour transformer ce site en un pôle d’attraction touristique, éducatif et culturel.

Cette synergie féconde illustre une décentralisation culturelle en pleine maturité. En confiant la gestion de proximité d’un monument de portée nationale à une municipalité locale, l’État réaffirme que la culture est un ciment d’unité et un levier d’attractivité territoriale pour tous les Camerounais, sans distinction d’appartenance politique.

Cette stèle symbolise la volonté du Président Paul Biya de surmonter la douleur portée par les familles des 79 personnes décédées et des plus de 600 blessés, ainsi que par l’ensemble des Camerounais lors de la catastrophe ferroviaire du 21 octobre 2016. Grâce à cette convention qui implique le transfert de ressources et de compétences du MINAC vers la mairie d’Éséka, cette ambition devra désormais dépasser le stade des discours pour devenir une réalité palpable dans cette localité de la région du Centre.

Simon Metsengue

CATEGORIES
TAGS
Share This

COMMENTS

Wordpress (0)
Disqus ( )
error: Content is protected !!
%d bloggers like this: